La licorne et le rat

Publié le par Amy Madison

 

 

Une licorne errait sur le chemin, elle avait été séparée de sa seule amie la magicienne Gisèle. Quand cet avion les avait survolés, effrayée par tant de bruit, elle avait fui, se réfugiant sous le couvert des arbres. Quand enfin rassurée elle était sortie du bois, elle se retrouva seule.

Un village apparu dans le lointain, elle se dirigeait déjà vers cet endroit quand un rat surgit devant elle.

— où vas-tu donc ainsi, jeune licorne ? Sais-tu qu’il est dangereux de s’aventurer en ce lieu, les hommes sont sans pitié, ils te chasseront, t’emprisonneront ou pire te tueront et emporteront ta corne comme un trophée.

— Bonjour "Rat". Ravie de faire votre connaissance, mais voyez-vous, je dois retrouver mon amie, peut-être se trouve t’elle là-bas, cela fait des jours que je la cherche, et je me sens si fatiguée.

— Repose-toi un moment, et je te guiderais. Il te faut quitter la route où le danger te guette à chaque instant.

Et la licorne se coucha sur le bas-côté, et sombra dans le sommeil. C’est le rat qui la réveilla en la mordillant légèrement afin de ne pas la blesser.

— Il est temps de te remettre en route jeune licorne, le soir ne vas pas tarder à  tomber et dans les brumes de l’obscurité personne ne pourra t’apercevoir.

La licorne suivit le rat qui filait vers le village, ils traversaient un jardin, la licorne avait bien du mal à suivre la petite bête qui galopait dans les hautes herbes. Heureusement le rat s’arrêtait et dressé, en équilibre sur ses pattes arrière,  il l’attendait patiemment.

Un grincement la fit tressaillir, et elle stoppa net.

— Ne crains rien, lui lança le rat ce n’est qu’une vieille balançoire agitée par le vent.

En effet la longue crinière de la licorne dansait tout autour d’elle.

Ils approchaient d’une maison, le rat ralenti l’allure.

— Attend-moi un instant, je reviens de suite.

 Et le rongeur s’introduisit dans la sombre masure qui se dressait devant eux, la licorne aperçu une enseigne lumineuse qui balançait, accrochée au-dessus de la porte d’entrée, avec une inscription « Tony la pizza », un pizzaiolo !

« Tout ceci n’a rien à voir avec Gisèle » pensa-t-elle.

Elle entendit un cri et une galopade, le rat avait été surprit dans sa tentative de larcin.

Tony apparu sur le pas de la porte, il n’avait pas l’intention de poursuivre le rat, mais à la faible lueur de la lune il aperçut une forme blanche qui ressemblait à un cheval.

Tony était étonné d’avoir vu ce cheval solitaire trainant aussi près du village. Bien que le soleil ait prodigué sa douceur tout au long de cette journée,  La température avait chuté. Mais curieux, Tony enfila un chandail  et se dirigea silencieusement vers le fond du jardin.

Il ne distinguait plus le cheval qui s’était éloigné. Seule une tache blanche dans l’obscurité, le guidait. Il s’approchait et le distingua enfin. Il fut éberlué en constatant que ce n’était pas un cheval ordinaire, mais une Licorne. Tony avait toujours pensé que ces créatures n’existaient pas, elles n’étaient qu’un mythe, une légende.

S’il arrivait à capturer cette Licorne, lui qui peinait à travailler dans sa pizzeria, il deviendrait un homme aisé et important, tout le monde viendrait chez lui admirer cette magnifique créature magique. Mais il ne doit pas être simple d’arriver à se rendre maitre de cet animal.

Il en était là de ses réflexions quand il remarqua qu’elle suivait un rat, et qu’ils se dirigeaient vers une tour qu’il connaissait bien.

Beaucoup des habitants du village pensaient qu’elle était hantée, parfois des lueurs étranges illuminaient les minces fenêtres de cette antique construction.

La licorne suivait toujours son compagnon.

— Dis-moi le rat, où donc me conduis-tu ?

— Fais-moi confiance répondit la petite bête.

Tony les regarda pénétrer dans la tour de pierre et attendit. Il ne pouvait pas les suivre par crainte d’être repéré. Son attente ne dura pas longtemps.

De tous les interstices et des ouvertures de la tour, une lumière aveuglante jaillit. Prudemment, il progressa vers la tour pour comprendre la raison de ces lueurs qui terrorisaient les adultes et les enfants du village.

Aveuglée un moment par la luminosité, la licorne poussa un hennissement de joie. Gisèle venait d’apparaitre, la magicienne prit la parole.

— Je te remercie, Messire Rat d’avoir guidé mon amie jusqu’ici.

— Je suis à votre service, Dame Gisèle.

Mais Gisèle avait senti une présence tapie dans l’ombre.

— Nous ne sommes pas seuls, montrer-vous qui que vous soyez ! ordonna la magicienne.

Tony s’avança lentement, les bras levés en signe de paix.

— Ne craignez rien, je ne vous ferais aucun mal. Voyez, je ne suis pas armé.

— La curiosité t’a mené jusqu’ici, pensais-tu vraiment que tu pouvais posséder la Licorne ?

Elle n’appartient à personne, comme moi elle possède de grands pouvoirs.

Retourne à ta pizzeria et garde le silence, je te promets que bientôt tu en seras récompensé.

— Je n’en soufflerai mot, d’ailleurs qui pourrait croire en l’existence d’une licorne, d’une magicienne, et d’un rat doué de la parole.

— Ce n’est pas un rat ordinaire, c’est mon serviteur et ami.

Tony retourna chez lui, et dans les mois qui suivirent son affaire prospéra.

 Il ne put pourtant s’empêcher de modifier son enseigne, sous l’inscription « Tony la pizza » une magnifique licorne immaculée brillait de mille feux.

                                 (Auteure : Amy Madison)

Publié dans contes pour enfants

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