LE GLOBE : Quand, ce matin là, Jean Dupont sort de chez lui il ne se doute pas que cette journée va être pour lui le début d'une aventure qui va le conduire dans un périple à travers le temps et l'espace.

Publié le par Amy Madison

 

 

Je m’appelle Jean Dupont et j’ai été contacté par une intelligence extraterrestre.

Ne vous y trompez pas. Je suis loin d’être un de ces illuminés le nez dans les étoiles qui espère l’apparition d’une soucoupe volante.
Je ne crois qu’en ce que je vois et je n’ai jamais rencontré d’engin spatial ni de petits hommes verts.

 

Un matin, comme à chaque début de journée je quitte la chaleur rassurante de mon petit nid douillet pour m’enfoncer dans le grondement de la foule pressée, des centaines d’individus des deux sexes et de toute couleur, qui se hâtent vers leur travail.

Mais ce jour-là, tout est différent, il fait calme, trop calme. Les trottoirs sont désertés, les véhicules évaporés. La vie semble suspendue. Je me frotte les yeux croyant sans aucun doute faire un mauvais rêve, mais je suis bien éveillé, je ressens la fraîcheur matinale, mes jambes sont lourdes et chacun de mes pas représente un épuisant effort. Pourtant j’avance.

Les immeubles imposants aux façades tristes sont silencieux. Ils m’apparaissent tels de sombres mirages dans une atmosphère pesante et brumeuse.
Avec beaucoup de persévérance, j'arrive à la sortie de la ville. Je peux à présent distinguer la ligne d’horizon où un soleil timide s’extirpe lentement des profondeurs de la nuit.

Soudain, un sifflement continu parvient à mes oreilles, je lève la tête vers le ciel cherchant ce qui cause ce bruit inquiétant.

Et non! il ne s’agit pas d’un véhicule spatial, mais plutôt une sorte de globe qui descend vers le sol, pas un engin dur et métallique, il s’étend, se rétracte, et sa forme change constamment. Cette chose semble vivante. Sa membrane extérieure est diaphane et des vagues agitent sa paroi. Elle ressemble à s’y méprendre à un ectoplasme géant.

La sphère se pose enfin sur la terre battue. Mon premier réflexe, fuir, mais la curiosité m’emporte.
J’examine cette chose qui palpite à présent et m’approche doucement.

Je touche avec d’immenses précautions la membrane de ce globe et surprise, mes doigts s’enfoncent vers l’intérieur. Je retire prestement la main et je constate que je n’ai aucune brûlure ou blessure d’aucune sorte.
Je réitère l’opération en enfonçant le bras jusqu’au coude, toujours rien.

Je suis confronté à un dilemme, j’ai très envie de m’enfoncer entièrement dans cette chose, mais saurais-je revenir ensuite? Rester prisonnier à l’intérieur ne m’enchante guère.

En quelques minutes, je repasse ma vie, un travail monotone sans possibilité d’avancement, mes nuits de solitude de célibataire endurci. Pas de femme, pas d’enfants, pas d’ami véritable. Je ne suis pas suicidaire loin de là, mais rien ne me retient vraiment ici.
Quand j’étais jeune, je rêvais de voyages et d’expéditions au bout du monde. L’aventure est à présent devant moi. Je ferme les yeux et m’enfonce dans les tréfonds de l’inconnu. La sensation est agréable, une douce chaleur me pénètre, je perçois un léger bourdonnement à mes oreilles et j’arrive bientôt à l’intérieur du globe.

Un autre monde, je me retrouve dans un monde totalement différent.

Je remarque pourtant quelques similitudes. Les immeubles sont toujours bien là, mais le sol que je foule a pris une jolie teinte rosée et le ciel également a échangé sa couleur rassurante. Il est devenu sombre, crépusculaire et un immense soleil n’arrive pas à l’éclairer. Pourtant malgré l’obscurité je distingue clairement la plaine qui s’étale devant moi.

Je me baisse et ramasse une poignée de grains microscopiques qui s’écoulent entre mes doigts comme du sable chaud. Cette plage est composée de milliers de particules phosphorescentes.

J’hésite sur la direction à prendre, je n’ai nulle envie de me perdre dans cette étendue colorée aussi, je fais demi-tour. Les immeubles sont plus rassurants et retourner dans la ville me semble plus prudent.

Je dois logiquement être à l’intérieur d’une sphère, mais plus rien ne l’indique, il n’y a aucune paroi visible. Je suis certain que je n’ai pas décollé, car je n’ai ressenti aucun mouvement, je dois donc être toujours sur la terre et la vue des immeubles qui se rapprochent confirme cette hypothèse.

Tout en piétinant ce sol rose qui aurait fait rêver plus d’une petite fille, j’ai pourtant une étrange sensation, je ne vois aucune forme de vie alentour, mais il est indéniable qu’une présence, une entité inconnue, observe tous mes faits et gestes.

Je suis en vue des premières constructions, mais comme au moment précédant mon départ elles semblent vides et endormies.
Ensuite, tout se met à bouger, une impression de tremblement de terre sans les habituels bruits de fracas propre à ces phénomènes naturels. Les murs des immeubles tanguent et s’allongent vers le ciel. Les fenêtres s’étirent, deviennent de mouvantes meurtrières et tout cela dans un silence total.

Tout autour de moi, ces tours grandissent et filent vers le ciel d’encre, plus elles prennent de la hauteur et plus elles s’amincissent.
Si je n’étais pas persuadé que ces monstruosités sont en fait composées de pierres et de béton, j’aurais pu les croire vivantes.

Mais le plus incroyable reste à venir. À l’extrémité de ces hautes tours, des têtes apparaissent.
De l’endroit où je me tiens, il m’est impossible de discerner les détails de ces protubérances faciales qui à présent poussent des cris gutturaux tout en s’agitant au sommet de ces constructions déformées.

Je détale au plus vite, si elles sont munies d’yeux elles finiront par me repérer.
Au loin, je distingue un bouquet d’arbres. Au moins, je serais hors de la vue de ces créatures. Je comprends vite que si elles se révèlent agressives, un fait que j’ignore encore, je suis à l’abri tant que je me trouve hors de leurs portées. Ces tours vivantes sont arrimées sur de solides fondations.

Je me repose sous le couvert de ces arbres, pas de surprises, ils ont eux aussi changé de couleur. Pourtant leur teinte bleue est agréable. Épuisé, je m’endors au pied de l’un d’eux.

J’ouvre les yeux, je n’ai pas rêvé, des voix étouffées et des chuchotements m’ont tiré de mon sommeil.
Mais à présent, seul le silence me parvient. J’appelle et un peu bêtement je lance les seuls mots qui me viennent à l’esprit :

—Il y a quelqu’un ?

Je n’obtiens évidemment aucune réponse. Je sens que quelqu’un ou quelque chose m’observe, mais seul le silence fait écho à mes appels.
Abandonnant tout espoir je n’insiste pas.

La soif me tenaille. Je dois me remettre en marche et trouver de l’eau.
Une rivière passe derrière cette colline. Étant gosse, mon père m’y emmenait souvent, mais depuis bien des années, la pollution aidant, elle s’est transformée en souvenir, le souvenir d’une eau limpide et clair où l’on peut se baigner sans crainte.
De nos jours donc elle est non potable. Les poissons eux-mêmes ne peuvent pas survivre dans ce milieu aqueux si trouble qu’on ne peut y contempler son reflet, et l’infection à la salmonelle guette l’imprudent qui y tremperait les lèvres.

La soif étant la plus forte je me résous à gravir la colline. Il n’y a plus ni herbes ni fleurs sous mes pieds, partout ce sable rose.
Ce n’est pas véritablement du sable, mais pour décrire cette matière fluide et légère, le terme employé est assez adéquat, mis à part la couleur bien entendu, je ne connais aucun endroit sur la terre, aucune plage où le sable serait rose.

La rivière est bien là, je perçois le bruit caractéristique de l’eau, j’écarquille les yeux, ce n’est pas un rêve, j’ai traversé le temps, je suis de nouveau petit garçon et je cours loin devant mon père, le sable s’élève à chaque fois que je pose le pied sur le sol, je fonce vers une eau pure, claire et rafraîchissante.
Penché sur la rivière, plus belle encore que dans mon souvenir, je bois jusqu’à plus soif. Son eau est transparente et l'on distingue son fond tapissé de sable rose qui illumine les flots cristallins.

Rassasié, je m’allonge au sol et je fixe le soleil, seule clarté dans le ciel sombre.
Une ombre paraît à sa surface, d’abord infime, elle croît de plus en plus. Atteignant l’obscurité elle devient plus claire, plus lumineuse et augmente encore d'intensité. Aucun doute, elle se rapproche de moi.

Un globe identique à celui qui m’a conduit ici vient de se poser délicatement au sol. Je suis dérouté, et essaie de comprendre.
Pourquoi diable vient-il du soleil ? Je doute d’ailleurs que cet astre soit vraiment un soleil ; un soleil ne doit-il pas prodiguer de la lumière et de la chaleur ?

Quelqu’un vient de sortir de la sphère, une jeune femme d’une beauté incomparable. La masse ondoyante de ses cheveux noirs lui croule plus bas que les reins, sa peau ambrée respire la jeunesse et l’innocence. Elle est peu vêtue et sous la fine étoffe qui recouvre sa poitrine je devine des seins fermes et galbés. Elle a de longues jambes musclées qui disparaissent sous une ample jupe courte.

Elle sourit, et s’avance vers moi. Je rougis des pensées qui m’ont effleuré. Une fille pareille ce n’est pas pour moi, ou alors dans mes rêves les plus fous. Mon regard m’a très certainement trahi.
Et… oh, misère ! Je viens de me rendre compte de la bosse qui vient d’afficher mon désir, ma main devant, je la camoufle autant que possible, tout en essayant de me calmer.

— Jean Dupont vous avez été choisi, mais vous devez à présent repartir.

— J’ai été choisi ! Je ne comprends pas. Et d’abord qui êtes-vous ?

Mais la fille continue de parler sans répondre à mes questions:

— Vous devez prévenir votre peuple que s’ils continuent de nous détruire, nous serons contraints de prendre des mesures radicales.

J’essaie de me calmer, apparemment cette fille fait partie de ce monde, mais pourquoi dit-elle que j’ai été choisi, alors que je suis venu ici de ma propre volonté ? Et le reste de son discours est encore plus incompréhensible.

— Expliquez-moi au moins.

Après un moment, elle daigne me répondre:

— Je suis une unité de ce monde, contrairement aux êtres de l’extérieur dont vous faites partie, nous sommes en corrélation avec votre univers. Aussi quand vous privez l’un des nôtres de son existence extérieure, il disparaît dans notre monde.

— Votre existence extérieure, j’avoue que je n’y comprends pas grand-chose . Et quand vous me parlez de mesures radicales, à quoi donc faites-vous allusion ?

— Nous éteindrons notre astre de lumière, c’est lui qui vous donne la vie.
Allez-y ! Vous pouvez partir à présent, ajoute-t-elle.
Je réfléchis, il est évident que ces êtres ont une double existence, mais comment puis-je faire quelque chose pour eux.

La fille est immobile, la tête baissée. Sa peau ambrée se couvre de cloques de teinte bleue, des filaments jaillissent dans son cou, sur ses bras, ses jambes, et commencent à la recouvrir toute entière.

Elle lève ses bras alourdis qui se ramifient.

La fille est de taille moyenne, mais elle grandit démesurément, et devant mes yeux ébahis, je constate qu’elle se transforme. Après une ou deux minutes, un arbre imposant a pris sa place.

Il s’éloigne en glissant sur le sable et rejoint les siens qui viennent à sa rencontre.

Je pénètre alors dans la sphère qui m’attend, le globe posé sur du sable rose.
Blotti au cœur de la sphère, j’aperçois un spectacle saisissant, une nuée d’étoiles suspendues semble se déplacer à une vitesse vertigineuse, mais en réalité, elles restent immobiles, suspendues à la toile miroitante de l’espace.
Mon engin sphérique projeté à une incroyable vitesse se dirige vers une planète inconnue, grise et parsemée par endroit de taches blanches. Où donc cette sphère m’emporte-t-elle ? Le voyage me paraît interminable, les secondes s’étirent dans le cosmos. Je n’ai jamais été féru d’astrologie, mais j’ai l’impression d’être dans un univers totalement différent, et cette planète qui s’approche de plus en plus, qui grossit à vue d’œil, il est impossible que ce soit la Terre, je n’aperçois pas sa Lune, et le soleil semble si pâle.

L’atterrissage a lieu en douceur, et je pose le pied sur un sol gris recouvert d’une fine pellicule blanche. Des immeubles fantomatiques se dessinent dans un ciel gris. De minuscules flocons glacés voltigent autour de moi, ils envahissent mon visage et m’aveuglent. J’ai d’immenses difficultés à respirer.

Des humanoïdes s’approchent de moi, il ne m’a fallu que quelques secondes pour comprendre que ce sont des humains, mais ils sont vêtus chaudement. Ils portent sur leur visage des masques comme ceux des plongeurs sous-marins, une bouteille d'oxygène arrimée à leurs dos confirme cette première impression.
L’un d’eux me fait signe de le suivre, j’ai la tête qui tourne, j’ai le vertige et je chancelle. Je me sens si fatiguer. L’homme me soutient et m’entraîne. Presque inconscient, je fais encore quelques pas puis je m’effondre avant de voir le sous-sol où il m’emmène.

C’est là que je reprends connaissance, je suis allongé sur une sorte de lit médical, mais à la faible lueur des ampoules électriques je ne vois pas les murs blancs immaculés propres à un hôpital, il fait sombre, et bien que le lieu soit d’une parfaite propreté, je devine que je ne suis pas à la surface, mais bien sous terre.
Mon esprit est plus clair. La fille, qu’avait-elle dit ? Qu’ils pouvaient éteindre le soleil !
Et je me retrouve sur une planète froide et inhospitalière à l’air raréfié. Une terre privée de sa lune. Une terre dont le pâle soleil est incapable de réchauffer une planète à son déclin.
Que s’est-il passé ? Je pose des questions, mais on me prend pour un fou. Mon cerveau a très certainement été privé d’oxygène pendant trop longtemps. J’insiste et je leur explique que j'ai voyagé dans le temps, c'est à l'évidence la seule explication cohérente qui me vient à l'esprit. Pour toute réponse, je ne reçois que des sourires contrits et des haussements d’épaules.

Je leur demande:
— Dites-moi où sont les arbres.

Un vieil homme daigne enfin me répondre.
— Les arbres ! Il y a bien longtemps qu’ils ont disparu, s’il y avait encore des arbres, il y aurait de l’oxygène et nous ne serions pas obligés de nous terrer sous terre. Nous aurions pu en replanter, mais le grand froid est venu.

— Et comment faites-vous pour survivre ?

—Grâce aux plantes que nous cultivons sous terre, nous avons réussi à remplacer la lumière du soleil et à réactiver la photosynthèse. Je ne sais pas d’où vous venez. J’ai connu les arbres, la nature, mais peu à peu les hommes ont tout détruit, ensuite le froid s’est abattu sur nous comme une punition divine, et l’oxygène s’est raréfié nous obligeant à nous réfugier sous terre. Hélas, la majorité de la population n’a pu survivre, certains sont morts de froid, les autres se sont endormis, ils n’ont pas souffert. Vous avez de la chance que la patrouille vous a trouvé, vous n’auriez pas résisté longtemps au manque d’air.

— Je suis venu dans un globe.

— Je suis au courant, vos sauveteurs ont aperçu la forme ovoïde qui s’élevait dans les airs. Et d'où venez-vous, au juste? Nous apercevons régulièrement ces vaisseaux sphériques identiques à celui qui vous a amené.

— À vrai dire, je viens d'un autre temps, un temps où la nature recouvrait la terre, un monde dans lequel les arbres vivaient encore, ces arbres et cette Terre que vous avez détruite par votre inconscience. J'étais porteur d'un message, mais je me retrouve ici bien trop loin de mon époque et la menace qui pesait sur le genre humain n'a pu être endiguée.

— Un message ? Quel était ce message?

— Cela n'a plus aucune importance à présent, c'est trop tard pour revenir en arrière.

— Et si vous aviez la possibilité de repartir ?
Comme je vous le disais tout à l'heure, des sphères atterrissent dans la plaine, elles restent quelques minutes immobiles, puis elles reprennent leur envol. Si vous pouvez conduire l'un de ces engins peut-être pourriez-vous retourner dans le passé?

— Quand bien même j'y arriverais, comment persuader mes compatriotes de mettre fin à la tuerie des arbres ?
J’explique à ce personnage mon aventure et ma rencontre avec la jeune fille végétale.
Après quelques minutes de réflexion, il prend la parole:

— Et si je vous accompagnais, j'étais une personne influente avant le grand cataclysme. Je suis vieux et je n'ai plus rien à perdre, la terre agonise, bientôt comme vous me l'avez fait remarquer le soleil s'éteindra et notre planète deviendra un astre mort. S'il reste une petite chance d'inverser le processus, je me porte volontaire. À nous deux, nous pourrions peut-être les convaincre.

— Très bien, nous voyagerons ensemble. Et Dieu fasse que le globe nous ramène à mon époque.

La vie sous terre n’était pas véritablement enviable, tous ceux que je croise sont maigres et pâles, une barbe grise dévore une bonne partie du visage de mon interlocuteur, ses yeux ornés de rides sont plus vivants que ceux de tous ces gens terrés dans une pénombre éclairée par endroit d'ampoules électriques.
Ils fixent d'un regard morne cet étranger venu d’ailleurs, si différent d'eux, car bien que je ne sois pas un fervent amateur de solariums, ma peau, basanée par les hasards de ma descendance italienne du côté de ma mère, me singularise parmi cette population survivante au teint pâle.
Je constate qu'il n'y a pas de jeunes enfants, j'en déduis que la situation de survie dans laquelle ils se trouvent n’est pas adaptée à la procréation et que la race humaine va s'éteindre peu à peu.
Je me renseigne auprès du vieil homme qui se nomme Michael, prénom assez courant à mon époque, afin qu'il m'indique quand il sera possible de partir d'ici.

— Nous le saurons vite, quand l'un de ces globes se pose sur le sol, des lueurs venant du ciel percent le brouillard permanent qui s'est installé autour de la terre, nous ignorons d'où viennent ces flashs, mais ils sont à chaque fois suivis de l’atterrissage d'une ou de plusieurs sphères.
Personne n'a jamais osé s'aventurer à proximité, de crainte que ces phénomènes soient destructeurs. Quand on vous a vu sortir d'un de ces globes, un instant nous avons cru que vous étiez un envoyé du Tout-Puissant, mais ensuite votre démarche est devenue hésitante et titubante. Nous avons alors compris que vous étiez en grand danger et la patrouille vous a porté secours.
En attendant, reposez-vous et reprenez des forces.

Jean suit son conseil, tous ces évènements l'ont épuisé. Il s’endort, et ses rêves sont peuplés de visions cauchemardesques; des plantes carnivores vivantes jaillissent d'un sable rouge sang, leurs racines s'enroulent autour de ses jambes et l'immobilisent tandis qu'il perçoit leurs ricanements. Il ressent la morsure de leurs mâchoires sur sa peau, et le sang coulant de ses blessures se mélange au sable écarlate, et lentement, irrésistiblement, cette mer de sable l'engloutit, elle n'a plus aucune consistance, luttant de toutes ses forces, il se débat et s’enfonce plus encore, alourdit par le poids de ces créatures qui l'enserrent et l'entraînent sous la surface. À présent, le sable pénètre dans sa bouche, obstrue ses narines, il étouffe, et se réveille en sursaut couvert de sueur.

Michael se prépare pour le voyage, il place quelques vivres et des récipients d'eau dans un sac, il imagine sans doute qu'il restera des heures dans cette espèce de vaisseau. Je préfère ne rien lui dire, après tout je n'ai utilisé qu'à deux reprises ce moyen de transport qui m'a emmené dans un univers fantasmagorique et ensuite expédié dans le futur, je n'ai eu aucun contrôle sur la destination choisie par la sphère et intérieurement je redoute un peu de reprendre ce périple. Où donc allons-nous atterrir cette fois?

Muni d'un masque à oxygène, je suis Michael qui progresse devant moi à quelques mètres de distances, nous nous dirigeons vers l'un des trois globes qui viennent de se poser dans la vallée, dans ce brouillard sombre je n'arrive à les distinguer qu'à la lueur des flashs intermittents qui éclaire le paysage nu et désertique. Ils ne ressemblent pas aux éclairs qu'un orage enverrait sur la terre, ils naissent dans le ciel semblables à des rayons Tesla et s'écrasent sur le sol de façon aléatoire, aussi c'est prudemment que nous progressons en les évitant. Michael s'immobilise devant la sphère, il la fixe un peu effrayé. Quand il me voit pénétrer à l'intérieur, il m'emboîte le pas.

Le voyage est plutôt rapide, après quelques secondes les parois de notre véhicule s'estompent et nous voilà sur la terre ferme. Les masques devenus inutiles Michael les rangent dans le sac.
Tout est vert autour de nous, des lianes couvrent le sol, elles croissent avec une rapidité effrayante. Des arbres immenses nous entourent, des arbres dont on n'arrive pas à distinguer les cimes qui se perdent dans les nuages. La nature est omniprésente, Michael n'en croit pas ses yeux.

— Mais où sommes-nous ? me demande-t-il.

Je lui réponds :
— Sur la terre. La vraie question à se poser est quand ? Et qu'est-il arrivé à notre planète?

( en cours d'écriture / à suivre...)

                               (Auteure : Amy Madison tous droits réservés)

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