Un cauchemar trop réel

Publié le par Amy Madison

J’étais en train de lire cette histoire quand soudain tout est devenu réel, un château sinistre et sombre se dressait devant moi, et j’étais morte de peur, cette demeure imposante était hantée par le plus néfaste des revenants, ce n’était pas à proprement parler un simple fantôme comme on pourrait se l’imaginer. L’ouvrage m’avait dévoilé la présence de jeunes enfants prisonniers dans cet endroit. Chaque soir quand la nuit tombait, ce monstre se délectait de leurs forces vitales. Et vidés de toute leur énergie, ils étaient reconduits dans leur cellule par le serviteur de cet être démoniaque. Or donc, je devais réagir ou attendre que le cauchemar dans lequel j’étais plongé se dissipe et que tout revienne à la normale. Passionnée par ma lecture, mais fatiguée par l'heure tardive, je m’étais certainement assoupie sur le bouquin et mon subconscient m’avait joué un sale tour; j’allais me réveiller sans aucun doute. Mais j’étais toujours là, et j'attendais dissimulée dans la pénombre, je percevais parfois un cri, un appel à l’aide.
Peu importe, cauchemar ou pas, je devais aider ces pauvres gosses. J’avançais prudemment, tâtant prudemment le sol du pied à chaque pas, et peu à peu la distance qui me séparait du manoir se réduisait, je traversais un pont j’entendais plus que je ne voyais les eaux sombres et tumultueuses qu’il enjambait. À la pâle lueur de la lune qui se décidait enfin à sortir de sa léthargie, je découvris une porte qui à quelques mètres de moi était chargée de bloquer le passage à tous les intrus qui se risqueraient à traverser ce pont de pierre d’un autre temps, ce pont abîmé par des siècles d’intempéries, ce pont glissant et semé d’ornières.
Soudain un grincement retentit et la porte vibra et s’ouvrit lentement, j’eus un mouvement de recul et tentai tant bien que mal de me dissimuler, car cette porte austère et colossale libérait une lumière intense brisant les ténèbres de la nuit.
Elle était ouverte à présent et je constatai que cette lueur provenait du sommet d’une haute tour. Pourtant il n’y avait toujours pas âme qui vive. Alors je pénétrais dans la cour de ce château , mis à part cette tour illuminée qui dominait tout , les autres parties du château étaient en ruines, plongées dans la pénombre, elles semblaient vides et je me dirigeais vers elles afin de masquer ma présence , rester dans cette cour éclairée était vraiment trop risqué. Mais pour mener ma mission à bien, je devais m'infiltrer dans cette tour, c’était à cet endroit que devait se trouver les geôles des enfants et le maître de céans.

Je n’attendis pas longtemps, un colosse traversait la cour, il était vêtu d’une longue redingote usée jusqu’à la corde. Il avait l’air inquiet en se dirigeant vers la porte ouverte, il jetait des regards de droite à gauche, la peur se lisait sur son visage. En un coup d’œil, j’avais compris qu’il s’agissait du serviteur, il n’avait aucune classe et son allure était celle d’un subalterne paniqué par les conséquences de cette possible intrusion. Les yeux écarquillés, fixant la pénombre autour de lui, il épongeait son front de la manche de son manteau pour essuyer la sueur qui y perlait. Dissimulée dans l’ombre, je suivis la progression de l’homme, il referma la lourde porte qui grinçait dans le silence de la nuit. Il donna ensuite un tour de clé, et horrifiée je réalisais que je ne pourrais pas sortir par cette issue à présent condamnée.
Il regagna la tour, quelques minutes plus tard la cour était plongée dans l’obscurité, seules quelques fenêtres grillagées étaient encore faiblement éclairées. Je devais faire vite, et je m’élançais sans hésiter pour emprunter le même chemin que le colosse. J’ouvris la porte sans trop d’effort, et en silence. Un coup de chance, cette entrée souvent utilisée les gonds étaient bien graissés. Devant moi un escalier de pierres en colimaçon. Je progressais lentement, la peur au ventre, quelques lanternes éclairaient faiblement les marches qui se révélaient plutôt étroites, je longeais le mur, je ne sais pas depuis combien de temps je les gravissais, quand j’entendis soudain un cri et des bruits de pas qui venaient dans ma direction. Je n’avais pas le choix j’accélérais, je devais trouver un endroit où me cacher, j’arrivais à un étage qui comportait une porte et une petite fenêtre enchâssée dans une encoignure. Je me glissais dans la pénombre de ce renfoncement pour échapper au regard de celui qui arrivait, il se dirigeait vers la porte de ce palier. Mais ce n’étais pas une, mais deux personnes, le serviteur, car c’était bien lui traînait un jeune garçon qui se débattait sous la poigne du colosse. Je l’entendais gémir, il n’appelait pas à l’aide qui donc aurait pu l’entendre ?
J’aurais voulu savoir ce qui se passait dans cette pièce, mais la voie était libre à présent et je fonçais dans l’escalier, je devais trouver les autres prisonniers. Encore un palier avec un couloir où je distinguais plusieurs portes fermées à l’aide de verrous imposants, ici pas de serrures fermées à clé, elles n’étaient pas nécessaires, qui donc se risquerait à pénétrer jusqu’ici ? Qui donc à part une pauvre fille comme moi qui se retrouvait dans un cauchemar bien réel. Des petites fenêtres rectangulaires et grillagées se trouvaient sur les portes des cellules desservant le couloir, je risquais un œil à l’une d’elle et qu’elle ne fut pas ma stupéfaction de découvrir non pas un, ni même deux, mais cinq enfants étendus a même le sol, ils étaient vivants, je devais faire vite je poussais le verrou et je m’introduisis dans la petite pièce qui ne mesurait que deux mètres sur trois. Les enfants, deux filles et trois garçons, s’étaient recroquevillés contre le mur à l’ouverture de la porte et me fixaient d’un regard hébété. Je tentais de leur parler, de les secouer pour qu’ils se lèvent et m’accompagnent, connaissaient-ils un moyen de sortir d’ici ?
L’un des garçons, le visage pâle et les cheveux sales et emmêlés qui devaient avoir été blonds jadis, se leva avec quelques difficultés.
—Le maître ne sera pas content
—Je suis venue vous chercher, vous devez sortir d’ici, connaît-tu un moyen ?
—Là-haut, dit- t-il en me montrant l’escalier au bout du couloir, il jette ceux qui ne reviennent pas
—Il les jette ?
Devant mon air interrogatif, il ajouta :
—Dans l’eau… dans les douves.
D’accord on va trouver un moyen, aide-moi il faut emmener tout le monde.

(à suivre) Amy Madison

 

 

Publié dans Extrait de nouvelle

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