LES RETROUVAILLES (extrait du roman EKKLOSION)

Publié le par Amy Madison

 

-Une heure plus tard, Emeric arrive en vue de la ville de Saint-laurent , il va devoir y retrouver Sabrina qui l'a devancé :
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Il y pénètre sans encombre. Tous les hommes et toutes les femmes qu’il croise sont blonds et leurs yeux sont d’un bleu très clair. Il ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec Rhéa, si identique à ces jolies jeunes filles.
Il s’interroge.
— Comment retrouver Sabrina ? Elle doit être arrivée dans cette cité, mais où donc la chercher ?
Il distingue au loin une austère abbaye entourée de hauts murs, mais il préfère s’en éloigner, ce bâtiment lui rappelle trop la ville d'Arkhanium.
Vers le sud, la populace est agitée. Ils s’activent tous. Les uns portent des sacs, d’autres conduisent des chariots chargés de marchandises. Il suit le flot humain qui le conduit vers une foule grouillante agglutinée autour de marchands achalandés sur une immense place.
Il avise une taverne où des clients goguenards vident leurs godets et s’entretiennent à voix haute. Il pénètre dans la gargote pour y dénicher quelques pitances. Le patron accepte de lui fournir le vivre et le couvert en échange du glaive ciselé qu’il lui présente. Il laisse sa monture attachée à droite du bâtiment auprès d’un abreuvoir destiné aux chevaux des clients de passage.
À une table voisine, il remarque trois hommes qui discutent avec un vieillard aux longs cheveux gris. Cette scène a attiré son attention. En effet, les trois interlocuteurs sont bien différents, ils ne sont pas blonds et à la vue de leurs cheveux châtains il a pensé être en présence d’hommes venant d’Arkhanium.
Mais ceux-ci ne portent ni la blouse du paysan, ni la tunique et le tabard en cuir des soldats. Leurs vêtements sont bien différents. Ils sont vêtus de larges pantalons et de maillots à manches courtes collés au corps sous une chemise plissée en toile. Leurs pieds et leurs mollets sont protégés par de hautes chausses attachées par des cordons et un bandeau de toile maintient leurs chemises serrées à leur taille. Ils sont costauds et baraqués et prêtant une oreille indiscrète à leurs propos, il perçoit qu’ils conversent de bateaux, de voiles, de gréements.
Ce sont des marins à n’en pas douter. Mais mis à part les trois nefs qu’Hector a fait construire afin de traverser les lacs, il n’y a pas d’océan près de sa cité. Ces marins ne viennent donc pas de chez lui. Il en est certain et s’interroge au sujet de ces hommes.
Malgré lui, il les regarde fixement, et les trois balèzes finissent par s’en apercevoir. Le plus costaud des quatre, les yeux embués d’alcool se lève en titubant. Il s’approche du jeune homme assis à la table en roulant des mécaniques. Emeric se lève prêt à parer une attaque possible de ce géant qui le dépasse d’une tête.
— T’as un problème morveux !
— Excusez-moi, votre apparence m’intriguait, et je….
Mais l’homme n’est pas enclin à discuter. La boisson qu’il a ingurgitée lui trouble l’esprit et il envoie un direct du droit vers Emeric, qui surpris se retrouve étalé dans la poussière. Des spectateurs encouragent le vainqueur qui se dirige de nouveau vers ce chenapan, pour lui donner une correction.
Quand soudain une forme chétive se glisse entre son adversaire et lui. Interdit, le colosse a devant lui une petite jeune fille haute comme trois pommes qui le toise.
Ses mains sur les hanches et la tête dressée vers lui. Elle lui ordonne :
— Laissez-le tranquille, ou vous aurez affaire à moi.
Le géant se tape sur les cuisses en s’esclaffant. L’un de ses compagnons aide le jeune homme à se relever en lui tendant une main secourable, et lui explique en désignant le colosse.
— Il ne faut pas lui en vouloir. Ce n’est pas un mauvais bougre, mais quand il a bu quelques verres il devient très irritable. Venez donc à notre table avec votre amie.
Sabrina attirée par le bruit de l’altercation a aperçu Emeric, et sans aucune hésitation elle s’est jetée devant son ami pour le défendre de ce monstre. Et cet homme rit à présent interloqué par l’intervention de cette petite fille qu’il pouvait écraser d’une seule main.
C’est ainsi qu’Emeric et Sabrina firent connaissance de ces marins venus d’Aventinus.

 

        (Auteur : Amy Madison)

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