Le chat

Publié le par Amy Madison

Courir toute la journée ce n’est pas pour moi, je suis le roi des fainéants.

Et quel plaisir de m’étendre sur le canapé que je garnis abondamment d’une légère brume de poils blancs, je peux rester des heures à dormir, mais ne vous y trompez pas, je ne dors que d’un œil et rien ne m’échappe. J’entends le moindre bruit et observe tout entre mes paupières mi-closes.

Quand enfin je m’étire voluptueusement et que je daigne ouvrir les yeux, je fixe mon maître les pupilles dilatées d'amour, en quête de câlins. Il est pour l’instant inoccupé, du coup j’en profite.

Il accède à ma muette prière et me cajole, attentif à mes ronronnements de plaisir.

Qu’il est bon d’être chat, mon écuelle toujours bien remplie. Toute la journée à se prélasser, la vie rêvée !

Moi, le félin, Je suis bien supérieur à l’homme, aucun tracas, aucun ennuis, mis à part cette puce qui cherche son chemin dans ma vaste fourrure.

Je me gratte pour chasser cette importune. Voilà je lui ai réglé son compte !

Je dois tout de même faire gaffe à l’embonpoint, je suis chasseur avant tout et sans me vanter je suis le meilleur. Mon pauvre maitre a bien besoin de moi pour améliorer son ordinaire, aussi je lui rapporte une souris bien grasse de temps en temps.

Allons-y ! C'est l'heure de la chasse.

Je baille à m'en décrocher la mâchoire et me lève délicatement, échappant ainsi à mon maitre, car ses caresses continuelles commencent sérieusement à m'agacer,trop c'est trop et ça me chatouille désagréablement.

J' atterris en douceur sur le carrelage.

— En avant, tremblez ! "Pacha le terrible" est en route !

Mais tout d’abord, un petit aiguisage de griffes sur mon meuble préféré.

Le mécontentement de mon maitre tonne à mes oreilles, il se calmera vite, il ne peut pas résister longtemps à mon doux air angélique.

Mes armes bien acérées, fin prêt, je vais faire des ravages!

La porte est fermée, comme d'habitude. Je miaule, seule manière de me faire ouvrir, aucune réaction, serait-ce des représailles? J’insiste...

Enfin, après quelques longues secondes, il se décide. Pas facile à dresser ces hommes !

Ahhhh... le grand air quel délice ! Je me roule dans l'herbe, très agréable comme sensation.

Hop ! D’un bon je me retrouve sur mes pattes en état d'alerte maximale. J’ai perçu un bruit inhabituel sous le tas de bois rangé près du hangar. Une fente entre deux buches attire mon attention, j'y introduis la tête, c'est bien une souris. Mais rien ne presse, je m'étire, m'allonge et la fatigue me gagne.

Elle sortira bien un jour, j'ai assez couru pour aujourd'hui et je ne vais tout de même pas risquer de me blesser ou salir ma superbe fourrure immaculée.

Publié dans Prose

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