Le cachot (extrait du roman EKKLOSION)

Publié le par Amy Madison

 

 

Les mains attachées, les chasseresses sont jetées brutalement dans une pièce sombre et humide. Dans cette obscurité totale, de faibles bruits leur parviennent.

À Présent leurs yeux sont habitués à la pénombre et elles distinguent des formes. Elles ne sont pas seules, il y a ici d’autres personnes prisonnières. Ce sont en grande partie des hommes, des paysans qui se sont rebellés ou des soldats qui n’ont pas obéi aux ordres reçus. On les a presque oubliés dans ce cachot.

Chaque matin, des gardes viennent leur jeter de la nourriture. Ils doivent se disputent pour avoir leur part. Les plus faibles, les malades, finissent par succomber.

Quelques-uns s’approchent prudemment. Elles crient pour les éloigner, mais les mains entravées elles ne peuvent pas faire grand-chose. Ces hommes dans le cachot ne sont plus tout à fait des hommes, et pas encore tout à fait des bêtes. Ils sont maigres, leurs visages sont blafards, leurs vêtements en haillons.

L’un d’eux attrape l’une des filles. Un autre lui arrache son pagne. Ils la jettent sur le sol poisseux et la violent chacun à leur tour.

L’amazone ne bouge plus. Elle est étendue et semble morte. Ils se calment enfin. Ils pourront profiter de cette chair fraîche quand ils le voudront.

Les plus jeunes se terrent au fond du cachot, protégées par les plus vaillantes qui se placent devant. Les hommes les observent. Rhéa est avec ses sœurs, elle est horrifiée, les Civilis sont donc bien des bêtes sauvages.

Les heures passent et les hommes s’endorment. Par une mince ouverture munie de barreaux à moitié rouillés, Rhéa voit la lune se lever.

Elle s'interroge avec effroi « Que va-t-il nous arrivé, seront nous oubliées dans ce cachot, est-ce la mort qui nous attend ? »

Rhéa ouvre les yeux, réveillée par des bruits derrière la porte close. Elle s’ouvre brusquement. Les captifs se bousculent. Leurs yeux sont rivés sur les hommes apparus en haut de l'escalier. Ils leur jettent de la nourriture.

Affamés, les prisonniers se précipitent sur les morceaux de pain, de viande et autres aliments mélangés et répugnants. Une femme, ou plutôt ce qu’il en reste, presse contre ses seins nus un morceau de pain qu’elle vient de ramasser. Elle rit comme une folle.

L’une des amazones est parvenue à user ses liens contre l’angle d’une pierre saillant du mur. Elle s’évertue à libérer les autres. Après de nombreux efforts, elles sont enfin détachées. Certaines ont un regard si hautain et méprisant, que les hommes n’osent plus les approcher.

Une longue journée commence pour ces filles de Valloria.

 

 

 

Publié dans extrait de roman

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