La fugitive (extrait du roman EKKLOSION)

Publié le par Amy Madison

Auprès de cette ouverture béante qui s’enfonce au centre de la terre, elle prépare un flambeau qu’elle n’aura plus qu’à enflammer quand elle se retrouvera au cœur des ténèbres.

Elle accroche son sac au crochet, elle va le glisser dans le trou avant de s’y engager.
Lydie prie à voix basse, et descend lentement cramponnée à la corde. Quelques longs mètres plus tard elle atterri dans un amas de neige.

Elle progresse à présent dans le long conduit. La fumée de sa torche la pique aux yeux, de petites bêtes lui chatouillent les mollets. Elle ne doit pas paniquer. Elle se concentre, un pas, deux pas …trois pas…quatre pas…
Pendant une heure, elle va avancer dans ce couloir obscur et humide. Des bruits étranges parviennent à ses oreilles.
Des ombres effrayantes se profilent sur les parois éclairées par la lueur dansante de la torche enflammée.

Une multitude de créatures mouvantes recouvrent le plafond du conduit.
Agrippée au flambeau, elle perçoit des cris aigus et un essaim de griffes et de crocs fond sur elle, des chauves-souris, des centaines de vampires volants assoiffés de sang.

Elle agite la flamme dans tous les sens pour effrayer les petits monstres volants qui l’égratignent au passage.
Les bestioles courroucées se dirigent vers l’aven et jaillissent à la surface enneigée dans un tumulte infernal.

Le temps semble suspendu, après de longues minutes figées dans l’antre de l’enfer, elle distingue une lueur salvatrice au bout du tunnel.
Elle presse le pas. Elle est sauvée.
Le couloir s’élargit, et en face d’elle, elle entrevoit une mince ouverture laissant filtrer la lumière du jour.

L’entrée de la grotte est obstruée partiellement par un bosquet chargé de neige.
Et même quand le soleil printanier décidera de faire fondre la masse compacte adhérant aux branches de ce buisson, elle sera en sécurité, bien cachée
À l’entrée de cette excavation, elle est à l’abri et décide d’attendre la tombée de la nuit pour faire un feu.

Elle inspecte son nouveau gîte, la caverne est moins humide que le conduit qu’elle a parcouru. Il n’y fait pas trop froid.
Si elle arrive à colmater suffisamment l’ouverture, elle pourrait même ne faire du feu que pour cuire le gibier qu’elle chassera. Pour le moment, il ne faut pas y penser, les animaux se font rares.

Ses réserves lui permettront de tenir quelques jours, mais elle devra toutefois s’aventurer jusqu’à la rivière et faire provision d’eau.
Elle a un arc, des flèches en suffisance ainsi qu’une machette, une lance et un poignard qui lui seront bien utile.

Elle s’enroule alors dans un nid de fourrures pour se réchauffer et un sommeil sans rêve la submerge.
Au dehors le vent furieux balaye les cristaux de neige et sa morsure mortelle n’atteint pas la jeune fille endormie au cœur de la montagne sacrée.

                                      (Amy Madison)

Publié dans extrait de roman

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