La fille de la chaise à bascule

Publié le par Amy Madison

 

J’ouvre les yeux en proie à une sensation de douleur intense, ma main me fait horriblement mal et des élancements envahissent mon bras et grimpent jusqu’à mon épaule.

Je ne vois d’abord pas grand-chose, la pièce est sombre, mes yeux s’habituent peu à peu à la pénombre et je distingue un encombrement indescriptible de jouets anciens et poussiéreux posés les uns au-dessus des autres. Je souffre également du dos, je dois me remettre debout, quitter cet endroit, comment ai-je atterri ici? J’essaie en vain de me redresser, une tentative qui m’arrache un cri de douleur, ma main me fait horriblement mal, je dois voir ce qu’il en est , un lien m’enserre le cou et m’empêche de parcourir du regard l’entièreté de la pièce, une corde bien tendue m'entrave également la poitrine et m'interdit tout mouvement mais j’arrive tout de même à tourner la tête et ce que je découvre m’horrifie, ma main est ensanglantée , un énorme clou la traverse de part en part. Je réalise alors que je suis complétement nu et allongé contre deux planches posées sur le sol et formant une croix.

J’entends un rire sardonique, une fillette aux longs cheveux noirs est assise sur une chaise à bascule qui grince de façon sinistre. Les yeux de l’enfant sont vides, elle porte une robe d’une autre époque, usée jusqu’à la corde, mais est-elle bien une enfant ? Je tente de m’adresser à elle.

— Qui…Qui êtes-vous ?...Que me voulez-vous ?

La fillette ouvre une bouche immense, ses yeux vides prennent une couleur écarlate, et je l’entends hurler, un hurlement suraigu qui me perce les tympans, un hurlement qui n’en finit pas.

Puis le silence revient, interrompu par les grincements continus de la chaise à bascule.

Une petite voiture téléguidée se met en marche et vient buter contre moi, accompagnés d’un hurlement de sirènes, les gyrophares d’une voiture de police miniature se mettent à clignoter, un singe frappe ses cymbales l’une contre l’autre et le bruit devient assourdissant, tous les jouets prennent vie, des ours en peluche repoussants et couverts de poussières, des poupées en céramique détériorées et aux robes de dentelles fanées par les années se mettent à baragouiner et la cacophonie en devient tintamarresque.

Puis d’un seul coup c’est le silence, un silence de mort. La fillette toujours rivée à la chaise s’élève jusqu’au plafond, elle flotte dans ma direction et se stabilise à la verticale au-dessus de moi.

Je n’arrive pas à détacher les yeux de cette enfant monstrueuse, je ne remarque pas les ombres qui s’approchent de moi, je hurle, ma main! mon autre main, une masse qui semble flotter dans les airs puis qui frappe, le sang qui gicle et ce rire démoniaque. Je perds conscience et je m’enfonce dans une obscurité totale.

— Daniel, Daniel réveille-toi, qu’est ce qui t’arrive, et c’est quoi tout ce sang ? Tu es blessé … Réponds-moi mon chéri…

Du fond des ténèbres qui m’entourent, des hurlements de sirènes retentissent. Voilà que ça recommence !

                                      Auteur : Amy Madison

 

 

Publié dans Nouvelle

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Evy 21/05/2017 21:24

Wouu ça fait froid dans le dos ton histoire bonne soirée à toi au plaisir