Fibre maternelle

Publié le par Amy Madison

 

 

Les jours se traînent .

Aujourd’hui, jour mort, et j’hiberne comme une ourse fatiguée au fond de mon lit que je ne quitterais pour rien au monde.

Demain sera vivant encore, une activité qui va me permettre de chasser les idées sombres qui obscurcissent mon ciel.

Le soleil viendra peut-être soulager mon esprit, caressant mon corps las de sa douce chaleur.

Mon chat me rappelle que j’existe et que mon devoir est de veiller sur lui, tristement je quitte mon havre de paix et en traînant les pieds je me dirige vers la cuisine où la vaisselle de la veille végète dans l’évier attendant que des mains secourables s’occupent d’elle. Seule femme dans cet univers d’hommes en miniature je serai de corvée.

J’ai la nausée, nausée de vivre, dégout de cette saleté trop frappante à mes yeux. Croyez-vous que vivre sans compagnon est synonyme de paix et de sérénité ?

Un simple coup d’œil à la table où le plus jeune de mes hommes tapote sur son clavier azerty entouré d'un cendrier rempli de mégots malodorants et de mouchoirs en papier abandonnés ici et là, me le fait douter.

Hélas je ne peux pas divorcer de mes enfants, sinon il y a belle lurette que je l’aurais fait.

Être seule alors que tant de personne s’en plaignent, je les envie parfois. Fini de courir à droite ou à gauche, de me torturer pour l’un ou l’autre.

La fibre maternelle, elle est usée à force d’avoir servi.

Publié dans Prose

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