Dominus mundi (Prologue et chapitre 1: Esther)

Publié le par Amy Madison

 Prologue.

Les Zarracks venaient d’arriver sur Terre, ils avaient embarqué sur ce vaisseau avant que leur planète se désagrège et disparaisse dans le cosmos, ils étaient à présent les seuls survivants de leur race.

Ils n’avaient pas choisi la Terre comme destination, simplement elle se trouvait sur leur trajectoire.

Les humains accueillirent ces étrangers avec beaucoup de méfiance. Mais ces êtres paraissaient faibles et inoffensifs.

Les dirigeants de la planète se réunirent pour débattre du problème de ces étranges réfugiés, allaient-ils accepter qu’ils demeurent sur la planète ? La décision fut vite prise dans leur propre intérêt, de les tenir à l’écart de la population, d’autant plus qu’ils supportaient difficilement la lumière du soleil et s’affaiblissaient à son contact.

Ils étaient minces et pâles, avec une boîte crânienne bien plus développée que celle de nos pareils, leurs yeux petits et rapprochés pouvaient parfois s’illuminer une fraction de seconde pour ensuite revenir à la normale. Une épaisse cape les protégeait en permanence de la lumière du jour. Mis à part les médecins et le personnel soignant, peu de personnes les avaient observés dans leur intégralité.

Ces cinq Aliens ne pouvaient guère représenter un danger.

Ils s’établirent donc dans un abri souterrain, ils furent très prudents et décidèrent de se faire oublier.

Les années passèrent, pourtant ils étaient toujours bien là, leur nombre n’avait pas changé, car ils ne pouvaient pas procréer. Mais peu importe, car s’ils n’étaient pas immortels, ils pouvaient vivre très longtemps. Bien plus longtemps que les Terriens.

Au début, on leur apporta de quoi subsister. Ils dédaignèrent vite l’assistance des humains. Quand la nuit tombait, ils sortaient de leur abri et trouvaient leur nourriture. Ils chassaient dans l’obscurité rassurante de la nuit.

Si quelqu’un rencontrait un animal vidé de son sang, c’était le fait d’un Zarrack. Ils ne s’attaquaient jamais aux habitants, aussi les laissa-t-on vivre en paix. Des années passèrent sans qu'ils fussent inquiétés.

À cette époque, les nations de la Terre de différentes langues et de différentes cultures ne s’entendaient guère et l’hostilité croissait. Il y avait le bloc russe et américain, les Européens, les islamiques et les Asiatiques. Ils se défiaient mutuellement, les grandes puissances se réarmaient et se préparaient en vue d’un possible affrontement, et la course à l’armement était à son paroxysme. On ignore les circonstances et les raisons qui les poussèrent les uns contre les autres ; mais la guerre éclata un jour de mai 3 470, une guerre totale qui fit des milliers de victimes dans tous les pays du monde.

Après le chaos, les survivants continuèrent à s’entre-déchirer. Viols, meurtres, pillages il n’y avait plus aucune morale, seuls les plus forts et les hommes sans scrupule dominaient.

Les Zarracks sortirent alors de dessous la terre, Les Terriens étaient pour la plupart démunis et accablés par le nombre important des pertes humaines. Ils ressuscitèrent des morts pour autant qu’ils procèdent dans les 24 heures suivant le décès, ceux-ci n’avaient aucune séquelle apparente, ils avaient également la capacité de pénétrer dans l’esprit des humains.

La priorité des Zarracks était de survivre. Devenir les maîtres de cette planète dévastée leur était chose aisée. Pendant des jours, ils sondèrent des candidats et sélectionnèrent ceux qui présentaient toutes les qualités requises pour former une communauté pacifique. Ils réunirent des terriens des deux sexes, de jeunes étudiants en sciences des ingénieurs, des ouvriers manuels et des meneurs d’hommes.

Au sein de la plus proche forêt, ils établirent une cité qui aurait pour but de diriger la Terre et cela bien sûr, sous leur contrôle.

Latora, ainsi la nommèrent-ils du nom de leur planète disparue.

Ceci fait, ils se retirèrent dans les profondeurs de la Terre. Pendant plusieurs siècles, une paix durable s’installa et les hommes avaient à présent oublié l’existence de ces étrangers. Seul le grand maître de Latora connaissait leur existence.

 

Auteur : Amy Madison

 

1. Esther.

Esther avance dans le long couloir qui la mène à la grande salle du conseil. Son père Gregorio l’a fait mander. Que lui veut- il ?

Elle a encore un petit air enfantin et innocent, et avec le torrent de cheveux indisciplinés qui retombent par instant sur sa jolie frimousse, on ne se douterait jamais qu’elle vient d’avoir dix-huit printemps.

Les yeux pétillants, elle contemple les fresques recouvrant les murs du corridor, des œuvres impressionnantes aux couleurs chatoyantes. Un petit groupe de jeunes gens la dépasse, ce sont des Acuits comme elle, ils s’engouffrent dans un traceur cylindrique qui se met à clignoter. Avec un doux ronronnement, il s’élance en un éclair vers les étages supérieurs.

Quelques mèches obstinées dansent devant ses yeux, elles les écartent de son visage, et tente vainement de les rassembler au sommet de son crâne. Mais rebelles, elles glissent entre ses doigts et dévorent de nouveau une partie de son visage.

Esther est une Acuit, elle peut lire dans l’esprit de n’importe qui, mais ce n’est pas simple d’être en permanence assaillie par des centaines de pensées. Quand elle était petite, elle ne supportait pas ce don, elle aurait tant préféré être normale comme ses compagnes de classe. Alors elle s’isolait pour ne plus entendre ces voix dans sa tête, mais rien n’y faisait. Elle fut vite repérée et envoyée, dans une autre classe. Si l’enseignement de base était identique, on lui apprit à éviter que toutes les pensées alentour ne saturent son cerveau. Elle devait se concentrer sur une personne bien précise, plus son sujet était proche et plus la connexion était claire. Elle arrivait également à protéger sa propre conscience derrière un bouclier mental, c’était beaucoup plus difficile à réaliser.

Elle n’a que très peu d’amis, les Latoris, ne possédant pas ce don qui les effraie, craignent les Acuits.

Ce don est transmissible de façon aléatoire, deux Acuits peuvent très bien avoir un enfant privé de ce pouvoir, et une union mixte entraîner la naissance d’un enfant possédant l’acuité. C’est la raison pour laquelle les Acuits sont en minorité dans la cité.

Des écoles forment les jeunes scientifiques qui devront plus tard prendre la suite des éminents chercheurs de la société de Latora. Les éléments les plus faibles incorporent l’armée, il leur suffit d’obéir aux ordres reçus, et leur fidélité doit être sans défaut.

Le jeune Latoris, qui ne serait pas tenté par une carrière militaire, accédera à un emploi subalterne d’entretien, de réparation ou construction diverses. On trouve des artistes à Latora, ils décorent les cloisons et reproduisent maintes œuvres d’art des temps anciens.

Après la guerre, des civilisations diverses se sont développées. Et depuis plusieurs centaines d’années, les Latoris veillent. Ils encouragent les meilleures communautés. Leur apporte une partie de leur savoir, et quand ils jugent cela nécessaire, certaines sont supprimées. Les éléments indésirables doivent être éradiqués de la surface de la planète.

L’Ancien Monde, régit par le pouvoir des armées, a conduit l’humanité à la guerre totale, aussi l’armée ne dirige pas la cité, elle protège le complexe et les recherches des savants. Cela fonctionne ainsi depuis cinq siècles, et les descendants des premiers Latoris ont gagné en connaissance et développé des technologies qui les placent bien au-dessus des autres êtres humains.

Une assemblée présidée par le grand maître et réunissant les doyens scientifiques de Latora dirige la cité.

Des militaires, de nombreux scientifiques Latoris ainsi que quelques Acuits en font partie, ils discutent des derniers évènements, des problèmes rencontrés et des actions à entreprendre pour le bien-être des habitants de la planète.

Le maître de Latora,désigné également chef du haut commandement scientifique, donne ses ordres et sa décision est irrévocable.

Les Acuits sont très importants à Latora. Quand ils atteignent l’âge de dix-huit ans, ils sont envoyés en missions à l’extérieur du complexe et doivent sonder les populations indigènes et rendre compte du résultat de leurs investigations.

Mais la télépathie n’a qu’une portée limitée. Aussi portent-ils en permanence un émetteur-récepteur incorporé dans un médaillon, il va également leur permettre de parcourir de longues distances en une fraction de seconde.

Eux seuls sont autorisés à sortir des dômes sans être vraiment surveillés.

Le colonel Norton a déjà insisté à plusieurs reprises pour que des médaillons soient aussi fournis aux hommes de sa garnison, mais Gregorio a toujours refusé. Les militaires n’étaient pas autorisés à porter le médaillon, c’était la loi, et il devait veiller à son application.

Esther vient de recevoir son médaillon, elle l’exhibe fièrement sur sa poitrine tout en parcourant les quelques mètres qui la séparent de la grande salle du conseil.

Un brouhaha lui parvient derrière la porte majestueuse qu’elle pousse à présent. Les deux gardes de factions n’ont pas bronché, ils ont bien reconnu la fille du grand Maître Gregorio de la cité de Latora.

   Auteur : Amy Madison

Publié dans extrait de roman

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