Cauchemar

Publié le par Amy Madison

Il fait froid trop froid, il faut que je me réveille. Ce ne peut être qu’un cauchemar, je me sens si las, si fatigué, dans un effort inimaginable j’ouvre les yeux, cette lumière, cette lumière trop blanche elle vient de partout.

Je vois le sol, blanc immaculé, et quand je lève les yeux, rien, rien que de la lumière blanche. Je me redresse péniblement, et aussi loin que je regarde, où que je veuille aller, il n’existe plus aucun repère, du blanc, du blanc et encore du blanc.

Je suis faible, je tente d’avancer, un pas en avant et je trébuche, et là je me rends compte que cette luminosité aveuglante s’arrête à une trentaine de centimètre du sol, comme un nuage toxique plus léger que l’air, qui m’offre une zone sécuritaire.
Il ne me reste plus que l’option de me glisser sous cette nappe, choisir une direction. Je suis des lignes tracées sur le sol, je ne sais combien de temps j’ai rampé avant que n’apparaisse ce socle, comme une brisure dans l’infinitude.
Je me redresse, le socle se dévoile  à moi, c’est un terminal complexe, des cadrans, ce qu’il me parait être un clavier, des touches, représentants des signes cabalistiques incompréhensibles. Dois-je les ignorer ? Dois-je y toucher ?

Ma mémoire me reviens comment suis-je arriver là ? J’étais sorti de chez Marguerite nous nous étions promis un petit déjeuner d’amoureux, il ne nous manquait ni café, ni chocolat, juste les croissants étaient manquants. Je m’étais habillé en vitesse, la boulangerie d’en face promettait les meilleurs. Nous habitions au deuxième étage, j’ai descendu les escaliers quatre à quatre, arrivé au rez-de-chaussée, tout s’est évanoui. Le froid, la fatigue, la lassitude et cette lumière blanche.

Qu’avais-je à perdre à manipuler cette console, et sans bien trop savoir ce que je faisais, j’appuyai sur toute les touches, jusqu’à ce que tout s’éteigne.
Et quand je dis tout, la lumière blanche aussi disparu.

Me voici maintenant plongé dans une relative obscurité, car la console est restée allumée, c’est la folie qui me gagne, il fait moins froid, je peux enfin réfléchir, que fais-je là ? Ou suis-je ? Suis-je réveillé ? Suis-je endormi ?
Marguerite va certainement me bousculer, et me demander d’aller chercher des croissants, mais rien ne se passe.

Tout à coup un bruit si lointain, mais peut-on encore parler de lointain tant l’espace qui m’entoure paraît infini. Doucement une lueur dorée m’envahit, plus douce, moins aveuglante et je me rends enfin compte de l’immensité du lieu où je me trouve, il n’y a que cette console qui m’offre un repère.

Où suis-je ? Pourquoi ? Soudain sur la console une touche verte s’illumine, par instinct j’appuie dessus, car tout le monde sait qu’un bouton vert ne peut pas être synonyme de danger, et là dans une explosion de couleur inimaginable, je me sens transporté au-delà de la raison, je suis fatigué, le noir m’envahit, il faut que je dorme pour enfin me réveiller chez moi aux côtés de Marguerite.

Doucement je me réveille, comme après une bonne nuit de sommeil, lentement j’ouvre les yeux, je suis allongé sur un meuble indescriptible, tout comme la pièce qui m’entoure, ce n’est plus un cauchemar, on ne se réveille pas deux fois du même cauchemar.
La peur devrait m’envahir mais tout semble si serein, protecteur, je voudrais rester là, à tout jamais, une douce musique envahit la pièce, des sons étranges, inconnus mais apaisants, et puis cette voix qui m’appelle, elle m’appelle de mon nom, elle veut me rassurer, je n’ai rien à craindre, mais elle me fait comprendre qu’elle a besoin de moi.
J’ose enfin ouvrir la bouche pour articuler quelques mots, les mots les plus cons que tout un chacun dirait dans ces circonstances.

— Où suis-je, qui êtes-vous ?

Ce n'est pas Marguerite, ni personne d’ailleurs, juste une voix monocorde qui semble venir d'un autre monde, d'une autre dimension.
Sur le sol qui m'apparait à travers un fin voile qui a perdu de son intensité, les traits sont toujours bien présents, mais la console a disparu.

Encore cette voix qui m'interpelle, une voix sortie d'outre-tombe, je pose les pieds sur le sol, je m'attendais à ce qu'il soit froid mais il est tiède et moelleux.
Je fixe ces lignes sur le sol, elles se mettent en mouvement et finissent par se rejoindre dessinant sur le sol une sorte de sentier doré, je le suis sans savoir où il va me mener. Autour de moi des touches de couleurs multicolores tournoient rythmées par la douce mélodie, je n'ai aucune crainte, aucune peur, je me sens heureux comme je ne l'ai jamais été.
J'avance rassuré vers ce qui ne peut être que le plus merveilleux des rêves devenu réalité. Je suis seul, pourtant je sens tout autour de moi une bienveillante présence.

Le sentier s'estompe lentement et finit par disparaitre, devant moi deux portes se dressent, celle à ma gauche est éblouissante et ciselée d'or, à ma droite c'est une épaisse porte en bois sombre.

La voix parle de nouveau :

— Va et choisis ton destin.

Les lueurs ont à présent disparus, et mis à part ces deux portes majestueuses tout est blanc,
le sol est glacial sous mes pieds et une nappe ouateuse et blanche le dissimule à mes regards. J'ai froid trop froid, je frissonne, je dois choisir si je reste ici je vais geler sur place, déjà je ne sens plus mes orteils.

J'entends une voix faible et très lointaine, mais ce n'est plus la même. Je tends l'oreille, elle ressemble à la voix de Marguerite.

Les portes sont devant moi, je dois me décider, je m'approche de la porte étincelante, puis me ravise, et si cela était un piège?

Je pousse la porte de chêne et tout devient noir, et je plonge dans un gouffre, je tombe.
Je tombe dans le noir le plus complet, la chute est vertigineuse, je vais bientôt atteindre le fond et tout sera terminé, j'ai fait le mauvais choix.

J'ouvre les yeux, Marguerite est devant moi, elle me fixe avec les larmes aux yeux.

Je lui dis en m'excusant:

— Chérie, J'ai oublié les croissants.

Il fait froid trop froid, il faut que je me réveille. Ce ne peut être qu’un cauchemar, je me sens si las, si fatigué, dans un effort inimaginable j’ouvre les yeux, cette lumière, cette lumière trop blanche elle vient de partout.

Je vois le sol, blanc immaculé, et quand je lève les yeux, rien, rien que de la lumière blanche. Je me redresse péniblement, et aussi loin que je regarde, où que je veuille aller, il n’existe plus aucun repère, du blanc, du blanc et encore du blanc.

Je suis faible, je tente d’avancer, un pas en avant et je trébuche, et là je me rends compte que cette luminosité aveuglante s’arrête à une trentaine de centimètre du sol, comme un nuage toxique plus léger que l’air, qui m’offre une zone sécuritaire.
Il ne me reste plus que l’option de me glisser sous cette nappe, choisir une direction. Je suis des lignes tracées sur le sol, je ne sais combien de temps j’ai rampé avant que n’apparaisse ce socle, comme une brisure dans l’infinitude.
Je me redresse, le socle se dévoile  à moi, c’est un terminal complexe, des cadrans, ce qu’il me parait être un clavier, des touches, représentants des signes cabalistiques incompréhensibles. Dois-je les ignorer ? Dois-je y toucher ?

Ma mémoire me reviens comment suis-je arriver là ? J’étais sorti de chez Marguerite nous nous étions promis un petit déjeuner d’amoureux, il ne nous manquait ni café, ni chocolat, juste les croissants étaient manquants. Je m’étais habillé en vitesse, la boulangerie d’en face promettait les meilleurs. Nous habitions au deuxième étage, j’ai descendu les escaliers quatre à quatre, arrivé au rez-de-chaussée, tout s’est évanoui. Le froid, la fatigue, la lassitude et cette lumière blanche.

Qu’avais-je à perdre à manipuler cette console, et sans bien trop savoir ce que je faisais, j’appuyai sur toute les touches, jusqu’à ce que tout s’éteigne.
Et quand je dis tout, la lumière blanche aussi disparu.

Me voici maintenant plongé dans une relative obscurité, car la console est restée allumée, c’est la folie qui me gagne, il fait moins froid, je peux enfin réfléchir, que fais-je là ? Ou suis-je ? Suis-je réveillé ? Suis-je endormi ?
Marguerite va certainement me bousculer, et me demander d’aller chercher des croissants, mais rien ne se passe.

Tout à coup un bruit si lointain, mais peut-on encore parler de lointain tant l’espace qui m’entoure paraît infini. Doucement une lueur dorée m’envahit, plus douce, moins aveuglante et je me rends enfin compte de l’immensité du lieu où je me trouve, il n’y a que cette console qui m’offre un repère.

Où suis-je ? Pourquoi ? Soudain sur la console une touche verte s’illumine, par instinct j’appuie dessus, car tout le monde sait qu’un bouton vert ne peut pas être synonyme de danger, et là dans une explosion de couleur inimaginable, je me sens transporté au-delà de la raison, je suis fatigué, le noir m’envahit, il faut que je dorme pour enfin me réveiller chez moi aux côtés de Marguerite.

Doucement je me réveille, comme après une bonne nuit de sommeil, lentement j’ouvre les yeux, je suis allongé sur un meuble indescriptible, tout comme la pièce qui m’entoure, ce n’est plus un cauchemar, on ne se réveille pas deux fois du même cauchemar.
La peur devrait m’envahir mais tout semble si serein, protecteur, je voudrais rester là, à tout jamais, une douce musique envahit la pièce, des sons étranges, inconnus mais apaisants, et puis cette voix qui m’appelle, elle m’appelle de mon nom, elle veut me rassurer, je n’ai rien à craindre, mais elle me fait comprendre qu’elle a besoin de moi.
J’ose enfin ouvrir la bouche pour articuler quelques mots, les mots les plus cons que tout un chacun dirait dans ces circonstances.

— Où suis-je, qui êtes-vous ?

Ce n'est pas Marguerite, ni personne d’ailleurs, juste une voix monocorde qui semble venir d'un autre monde, d'une autre dimension.
Sur le sol qui m'apparait à travers un fin voile qui a perdu de son intensité, les traits sont toujours bien présents, mais la console a disparu.

Encore cette voix qui m'interpelle, une voix sortie d'outre-tombe, je pose les pieds sur le sol, je m'attendais à ce qu'il soit froid mais il est tiède et moelleux.
Je fixe ces lignes sur le sol, elles se mettent en mouvement et finissent par se rejoindre dessinant sur le sol une sorte de sentier doré, je le suis sans savoir où il va me mener. Autour de moi des touches de couleurs multicolores tournoient rythmées par la douce mélodie, je n'ai aucune crainte, aucune peur, je me sens heureux comme je ne l'ai jamais été.
J'avance rassuré vers ce qui ne peut être que le plus merveilleux des rêves devenu réalité. Je suis seul, pourtant je sens tout autour de moi une bienveillante présence.

Le sentier s'estompe lentement et finit par disparaitre, devant moi deux portes se dressent, celle à ma gauche est éblouissante et ciselée d'or, à ma droite c'est une épaisse porte en bois sombre.

La voix parle de nouveau :

— Va et choisis ton destin.

Les lueurs ont à présent disparus, et mis à part ces deux portes majestueuses tout est blanc,
le sol est glacial sous mes pieds et une nappe ouateuse et blanche le dissimule à mes regards. J'ai froid trop froid, je frissonne, je dois choisir si je reste ici je vais geler sur place, déjà je ne sens plus mes orteils.

J'entends une voix faible et très lointaine, mais ce n'est plus la même. Je tends l'oreille, elle ressemble à la voix de Marguerite.

Les portes sont devant moi, je dois me décider, je m'approche de la porte étincelante, puis me ravise, et si cela était un piège?

Je pousse la porte de chêne et tout devient noir, et je plonge dans un gouffre, je tombe.
Je tombe dans le noir le plus complet, la chute est vertigineuse, je vais bientôt atteindre le fond et tout sera terminé, j'ai fait le mauvais choix.

J'ouvre les yeux, Marguerite est devant moi, elle me fixe avec les larmes aux yeux.

Je lui dis en m'excusant:

— Chérie, J'ai oublié les croissants.

 

 

                                       Auteur : Amy Madison
 

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