Simoun

Publié le par Amy Madison

Je marche dans ce désert, écrasé par des flots de chaleur. Les yeux me brûlent. La transpiration qui franchit goutte à goutte le rempart de mes sourcils m’éblouit complètement et je ne peux distinguer où me conduisent mes pas. Je me frotte les yeux et je noue mon foulard sur la tête à la manière des pirates.

Rien que du sable blanc. Encore une dune à gravir en face de moi. Je l’aperçois à une centaine de mètres, je me traîne, épuisé, un pas suivi d’un autre, je titube ressemblant à un homme ivre, je dois atteindre le sommet de cette dune, je sais que si je m’arrête dans ce désert tout sera terminé pour moi.

Je glisse la main dans le sac accroché à mon épaule, j’ai soif et J’ai encore un peu d’eau, j’entends le léger clapotis produit par le bidon que je secoue. Je le porte à mes lèvres, elle est chaude, cette eau tirée du puits à mon départ n’est plus du tout rafraîchissante, mais je dois me forcer, j’en avale une gorgée.

Peu à peu, le ciel devient jaunâtre, le vent se lève et le sable se soulève par rafale. D’abord lentement puis de plus en plus fort.
Une tempête de sable ! Je me couvre le nez et la bouche avec mon foulard suintant de sueur et, paniqué, je me couche à terre creusant devant moi un trou avec mes mains nues.

Le souffle s’intensifie, je suis terré dans une sorte de tombe, couché sur le ventre. Par chance, j’arrive à respirer sans avaler les grains de sable qui m’agressent avec une force incroyable.

Les secondes, les minutes passent, le sable cherche à me recouvrir, mais les imperceptibles mouvements que je fais sans le vouloir, empêchent cette tempête de m’enterrer vivant. Pendant des heures, je reste tapi dans mon abri creusé à la hâte.

Les heures paraissent interminables. Je dois tenir, il le faut, je me concentre sur ma respiration, je happe un peu d’air à intervalles réguliers juste pour permettre à mes poumons de continuer à fonctionner à mon cœur de continuer de battre et de remplir sa fonction de pompe. Et je continue à vivre, ou plutôt à survivre. Mes lèvres sont sèches, j’ai un goût de mort dans la bouche.

Je laisse mes pensées s’échapper hors de mon corps meurtri, cette évasion m’accorde quelques instants de répit qui hélas, ne durent pas, le hurlement du vent chargé de milliers de grains de sable et de poussière me rappelle ma désastreuse situation.
Pourtant je résiste. Je dois vivre encore, revoir ma femme, mes enfants.

Après des heures qui m’ont paru une éternité, le vent se calme enfin. Je redresse la tête et je regarde autour de moi. Le paysage a complètement changé, là où il y avait une dune à gravir, je distingue à présent une pente abrupte.
Et au loin, j’aperçois quelque chose, ça semble flou, je ne suis pas certain que ce soit réel. Serait-ce un mirage?

Une oasis ! C’est bien le salut qui se matérialise devant moi. Éreinté par ces heures de calvaire, j’arrive encore à me traîner avec l’énergie du désespoir.
Vaguement, je discerne des formes humaines qui s'approchent de moi, et je m’écroule inconscient.

                                        Auteur : Amy Madison

Publié dans Nouvelle

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Amy Madison 27/04/2017 20:28

Merci à vous , j'irai voir le groupe quand je l'aurai trouvé

zanatany 27/04/2017 14:11

C'est sur ce texte que je vous souhaite le bienvenu dans le groupe HORS DES SENTIERS BATTUS