Mon double

Publié le par Amy Madison

 

 

Fille unique, je n’ai ni frère ni sœur et cela ne m’a pas manqué, j’ai pu ainsi éviter les querelles, les jalousies fraternelles agrémentant le quotidien des familles nombreuses.

J’ai un nouveau copain depuis peu, il m’a invitée à passer la soirée avec lui. Aussi je tache d’être aguichante à souhait afin de lui plaire, un peu allumeuse me direz-vous ! Pas vraiment, mais j’adore plaire et que l’on m’observe avec envie. Je n’ai pas un corps de déesse, mais malgré quelques petits défauts que j’arrive à habilement dissimuler, j’en fais fondre plus d’un. Avec ma chevelure noire qui serpente dans mon dos, mes yeux noisette et mes lèvres pulpeuses, un léger maquillage qui accentue la beauté et la chaleur de mon regard, on peut dire de moi que je suis une jolie fille.

Il m’a indiqué qu’il passerait me prendre cet après-midi à six heures devant le bistrot où nous nous sommes rencontrés. Comme d’habitude je suis un peu en retard, il est toujours utile de faire attendre les hommes, de les laissé un peu mijoter.

Six heures trente, j’arrive en vue du bistrot. Je ne le vois pas, il devrait pourtant être là, impatient, à arpenter le trottoir en fumant une cigarette après l’autre.
Je suis dépitée puis furieuse.
M’aurait-il posé un lapin ? Je consulte les messages de mon téléphone, rien de rien.

Résignée, je rentre dans le bistrot, le patron me salue d’un air étonné.
Je commande un café, la serveuse me le sert quelques minutes plus tard, elle sourit bizarrement, devinerait elle que mon amoureux n’est pas venu au rendez-vous ? J’ai vraiment l’impression qu’elle se moque de moi.

Je n’ai pas du tout l’intention de m’attarder. Aussi, je sirote le café bouillant à petites gorgées puis je sors un peu énervée de me sentir aussi mal à l’aise.

Très bien, puisqu’il a décidé de me laisser choir, je compte bien en profiter, je ne me suis pas pomponnée pour ensuite rentrer chez moi à broyer du noir, j’ai bien l’intention de sortir et de m’amuser.

— Cela fera un euros cinquante.

Je cherche mon portefeuille dans mon sac à main, et je m’aperçois avec effroi que je l’ai oublié. Confuse, je m’excuse auprès de la serveuse qui appelle son patron.

Conciliant et compréhensif, il accepte de me faire crédit :

— Très bien ajoute-t-il, c’est bon pour cette fois.

Je lui demande s’il n’aurait pas vu un jeune homme faire les cent pas devant son établissement.

— Jeannette, aurais tu vu un jeune homme attendre devant le bistrot ? demande-t-il à la serveuse?

— Bien entendu, puisque vous êtes partis ensemble. Je vois qu’il vous a larguée lance-t-elle avec un petit gloussement. Le patron lui lance un regard sévère.

— Désolée, ajoute-t-elle en débarrassant la table.

Je suis interloquée.

—Comment nous sommes partis ensemble ! ? Vous avez rêvé, je viens juste d’arriver…

— Peut être … que j’ai mal vu, il m’a pourtant semblé que c’était vous. Se reprend-elle d’une toute petite voix.

Je quitte prestement le bistrot, et je me repasse dans la tête les remarques de la serveuse. Mais après quelques minutes je me raisonne, cette fille n’est vraiment pas physionomiste.

Sans argent et sans papier je me résous à rentrer chez moi. La marche me calme et les regards admiratifs de quelques passants achèvent de me rendre ma bonne humeur.

Bien décidée à passer une bonne soirée malgré tout, j’introduis ou du moins je tente d’introduire la clé dans la serrure de la porte d’entrée, je n’y arrive pas.
A tout hasard je la retourne, je n’y comprends rien, c’est bien mon trousseau garni du petit chat brillant en pacotille que ma mère m’a offert la dernière fois que je suis allée chez elle.

Cette fois je suis à bout, un rendez-vous manqué, les moqueries d’une serveuse, et voilà que je n’arrive pas à ouvrir ma porte. Qu’est-ce qu’elle a cette maudite clé ? Je vais péter un câble.

Un homme la cinquantaine bien sonné voyant que je m’acharne sur la serrure :

— Vous avez un problème Mademoiselle ?

Répondant du tac au tac :

— Ça se voit, non ?

— Désolé je voulais juste vous aider, vous feriez mieux d’appeler un serrurier ajoute-t-il.

— Excusez-moi, j’ai passé une très mauvaise journée, et je n’arrive plus à rentrer chez moi.

— Attendez …Ah voilà, me dit-il en me tendant un bout de papier sur lequel il venait de griffonner, appelez ce numéro.

— Merci beaucoup monsieur, et je compose le numéro de téléphone qu’il m’a donné.

— Si vous accepter je peux attendre son arrivée.

— Il sera là dans un quart d’heure, mais c’est très aimable à vous.

— Il me semble vous avoir déjà vue.

— Non, je ne crois pas, je m’en souviendrais.

Le quart d’heure passa assez rapidement, l’inconnu m’expliquait qu’il était médecin et que son cabinet se situait à quelques rues de la mienne.
Il allait récupérer sa voiture pour rentrer chez lui après avoir visité son dernier patient.

Dans un crissement de frein, une camionnette s’arrêta à notre hauteur. Un homme en jeans et chemise à carreau en descendit.

— Bonsoir m’Sieur Dame lança t’il.

Nous lui rendîmes son salut.

— Je vois, dit-il en essayant ma clé, porte bloquée, changement de serrure.
Vous avez une pièce d’identité me demanda-t-il ?

— Une pièce d’identité ! Pourquoi ? Répliquais-je.

— C’est le règlement, pour forcer une serrure je dois m’assurer que vous avez votre adresse à cet endroit.

J’étais effondrée :

— C’est-à-dire que j’ai oublié mon portefeuille à l’intérieur…

— Si vous n’avez aucune pièce d’identité, je ne peux pas intervenir vous m’en voyez désolé.

Et sans prêter la moindre attention à mes supplications le serrurier repris place au volant de son véhicule et démarra en trombe.

J’étais assise prostrée sur le seuil, je ne comprenais pas ce qui m’arrivais, je me retrouvais à la rue, sans argent sans papier, et je commençais à avoir faim et soif.
Où allais-je dormir cette nuit, Maman habitait à l’autre bout du pays, et il commençait à faire sombre. Je tentais de téléphoner à mon rendez-vous manqué sans succès.

— Allons jeune fille, avez-vous un parent qui pourrait vous héberger cette nuit, je peux vous y conduire.

— C’est gentil à vous mais je n’ai aucune famille dans cette ville.

— Une amie ? insista-t-il.

— Oui... Je vais appeler Rita.

Et je compose le numéro de ma copine Rita, elle vit en couple mais j’espère qu’elle acceptera que je dorme chez elle pour une nuit, demain matin j’aviserais.

— Allo Rita …

— Oui, qui est-ce ?

— C’est moi, Cindy. Peux-tu …

— C’est une blague ? Qui êtes-vous ?...

— Ta copine Cindy.

— C’est ça, je ne sais pas comment vous avez eu mon numéro mais Cindy est chez moi en ce moment, alors cessez de m’importuner.

— Mais… Et Rita me raccrocha au nez.

 

Que faire à présent ? Je me retrouve dans une situation inextricable, une femme me ressemblant trait pour trait a pris ma place et ma serrure a été remplacée si rapidement mais dans quel but ? Pourquoi vouloir me voler ma vie ?

Devant ma mine déconfite le bienveillant Médecin réitère son offre de me conduire. Je ne peux tout de même pas imposer à cet homme que je connais à peine un trajet aussi long.
Après quelques secondes de réflexion, il me propose alors de m’héberger pour cette nuit, son mari ajoute t’il ne verra aucun inconvénient à ma présence. Son mari ? Voilà qui me rassure, cet homme se révèle être homosexuel et marié, aussi j’accepte sa proposition, une bonne nuit de sommeil ne serai ce que sur un canapé et j’y verrais plus clair.

Je l’accompagne jusqu’à sa voiture, une Peugeot noir ou bleu foncée, il fait un peu sombre et la couleur du véhicule n’est pas facile à distinguer. Je m’assieds sur le siège passager et je boucle ma ceinture. La circulation est fluide, après quelques minutes il s’arrête sur un emplacement de stationnement devant un imposant bâtiment.
Des arbustes cachent une partie des deux fenêtres du rez-de-chaussée. Derrière les vitres garnies de fers forgés de la porte d’entrée, j’aperçois de la lumière qui éclaire faiblement les trois marches d’escalier à emprunter pour y accéder.
Il me conduit pourtant vers l’annexe attenante à gauche du bâtiment principal où nous empruntons une petite porte.

Il pousse sur l’interrupteur qui éclaire un étroit corridor.

— Suivez-moi Mademoiselle, c’est tout droit.

Une voix masculine se fait entendre :

— Renaud c’est toi ? Et un homme d’une trentaine d’année apparait.

Bonsoir Mademoiselle, et s’adressant à son compagnon il demande :

Qui est cette jeune fille, Une de tes patientes ?

— Bonsoir je suis Cindy Peeters, je viens de me retrouver à la rue et ... C’est compliqué !

Le docteur explique :

— J’ai invité cette Demoiselle à passer la nuit chez nous, elle a quelques problèmes. Ça ne te dérange pas Jo ?

— Pas du tout, mais vous devez avoir faim, voulez-vous manger un morceau ? je prépare de supers sandwichs.

— Oui merci ce n’est pas de refus.

Et après avoir gouté au succulent sandwich de Jo qui m’a abreuvée de questions auxquelles je n’ai pas pu répondre, je me suis écroulée de sommeil dans le sofa transformé par ses soins en lit de fortune.

Je me réveille, mais j’ai beau écarquiller les yeux je ne distingue rien alentour, seulement un noir d’encre qui me plonge dans la panique, mon cœur bat à cent à l’heure.

Je tente vainement de me redresser, je déplace mes mains vers l’avant elles se heurtent à une sorte de cloison de bois, je cogne, je crie, je hurle, j’égratigne le couvercle de ce que je devine avec horreur être un cercueil, une boite où l’on m’a enfermée.

Je dois me calmer, réfléchir, tout cela n’a aucun sens, j’étais chez ce docteur et son ami et je me retrouve entre ces quatre planches. La gorge douloureuse de m’être égosillée, le souffle saccadé, Je me tais et j’écoute, des pas, une porte qui s’ouvre et se referme.

Ces bruits me rassurent, une présence humaine rend cet enfermement dans cette nuit implacable plus supportable. Quelqu’un est là dehors, je ne suis pas enterrée à six pieds sous terre, inhumée vivante.

Petit à petit, mes yeux s’habituent à l’obscurité, je distingue un faible rai de lumière entre deux planches. Des voix dans le lointain.

— Elle s’est déjà réveillée.

— Arrange ça.

Je perçois alors un bruit de chaînes, et un flot de lumière m’éblouit, un homme tente de me maitriser, aveuglée je me débats en hurlant.

Je reconnais à présent le dénommé Joe qui m’avait paru si sympathique.

—Laissez-moi m’en aller, qu’est-ce que vous me voulez ?

—Calmez-vous jeune fille, si vous accepter de coopérer, nous pourrons vous libérer.

— Fichez moi la paix, j’arrive enfin à m’extirper de ce caisson et me précipite vers la porte, je m’acharne vainement sur la clenche, elle est fermée à double tour.

— C’est inutile vous ne sortirez pas d’ici tant que vous ne serez pas raisonnable.

D’un coup d’œil je cherche une autre issue, une fenêtre, il y en a une mais elle est placée à deux mètre du sol.

— Vous ne pourrez pas me garder ici éternellement, qui êtes-vous, que me voulez-vous ?
Et qui est cette femme qui a pris ma place ?

— Cette femme est Cindy Peeters me répond-il d’une voix hésitante, vous ne vous souvenez de rien ?

— Qu’est-ce que vous racontez, je suis Cindy, je sais très bien qui je suis, vous êtes fou.

Je le regardais en reculant, il tenait dans sa main droite une seringue et s’avançait inexorablement vers moi. Je devais réagir, l’occasion se présenta, son téléphone se mit à sonner et l’attention de mon agresseur se relâcha. Je bondis sur lui et dans la lutte j’eus une chance inouïe, la seringue lui échappa et s’écrasa au sol avec un bruit de verre brisé.

Le docteur ouvrit alors la porte et apparu dans l’entrebâillement, mais j’étais de nouveau maintenue par son compagnon et dans l’impossibilité de faire le moindre geste. Je capitulai.

— Très bien, je suis calme, je suis calme… Expliquez-moi, et laissez-moi partir par pitié.

— Et où voulez-vous allez ? Me demanda le docteur.

Alors, tout me revint en mémoire, mon appartement inaccessible, mon amie Rita qui m’avait raccroché au nez. Je n’en pouvais plus c’en était trop et mes larmes se mirent à couler et à couler, je hoquetais, que m’arrivait-il ?

— Si je ne suis pas Cindy, alors qui suis-je ?

— Tenez ! Me dit le docteur en me présentant un mouchoir.

Le docteur ouvre un tiroir avec une petite clé, il farfouille quelques secondes en parcourant de ses doigts des dossiers bien rangés, il finit par trouver celui qu’il cherche et le pose sur le bureau.

Je le regarde sans être sure de bien comprendre, il est médecin, il est normal qu’il conserve les dossiers de ses patients. Mais je ne me souviens à aucun moment d’avoir consulté cet homme.

Il s’approche de moi et me tend une photo.
— Tenez ! Me dit-il, là c’est vous.

Je m'en empare, c’est une jeune fille avec des cheveux noirs un peu plus courts que les miens, mais elle est différente, avec son grand nez qui lui mange le visage, une bouche aux lèvres fines et un menton fuyant, elle est vraiment très laide.
— Non, je n’y crois pas, vous rigoler ?!

Sans relever ma remarque il continue.
— il y a six mois de cela, vous êtes venue me consulter avec la photo d'une jeune femme. Vous vouliez être opérée et lui ressembler trait pour trait, l’opération s’était bien déroulée, vous étiez couverte de bandage mais quelques jours après l’intervention vous avez disparu.

Je ne crois pas à votre soi-disant amnésie. Pourquoi avoir pris l’identité d’une autre personne ? Je peux comprendre le désir de paraître belle, mais vous n’êtes pas Cindy Peeters, votre nom est Marion, Marion Deltour.
Voyez, c’est écrit là, noir sur blanc, ajoute-t-il en me mettant le dossier sous le nez.

— Vous mentez ! Je suis sûre que vous mentez, et je n’ai pas perdu la mémoire, je me souviens de tout.

Haussant les épaules, il se dirige vers la porte et fait un signe à Joe qui introduit la clef dans la serrure.

Joe sort. Le Docteur se retourne vers moi.
— Vous resterez ici, jusqu’à ce que vos souvenirs reviennent, et pas d’esclandres ou nous vous enfermons de nouveau dans le caisson. Ah oui, j’oubliais, vous avez un cabinet de toilette, ajoute-t-il en me désignant une petite porte au fond de la pièce.

C’est un cauchemar, ils veulent me faire croire que je suis quelqu’un d’autre, mais mes souvenirs me prouvent le contraire, la dernière fois que j’ai vu Rita nous avons fait les boutiques, elle cherchait une robe pour fêter l’anniversaire de sa rencontre avec Didier, son compagnon, il avait prévu de l’inviter dans un restaurant hyper chic.

En pensant à tout ça, je commence moi-même à avoir faim. Quelle heure est-il ? Onze heures et quart. Je suppose qu’ils ne vont pas me laisser mourir de faim et que j’aurai droit à un sandwich préparé par Joe.

Je parcours la pièce du regard, mis à part le bureau et ce caisson posé sur le sol où j’étais enfermée je vois un lit d’hôpital préparé pour moi. J’essaie d’ouvrir les tiroirs du bureau, ils sont tous fermés.

Le cabinet de toilette comporte un WC et un évier avec le nécessaire pour me débarbouiller, je ne trouve rien qui pourrait me servir d’arme.

Je retourne alors dans la pièce principale, le caisson était fermé par une chaîne et un cadenas, la chaîne pourrait éventuellement m’être utile. Je vais tenter de la dégager en déplaçant le caisson. Il est plutôt lourd mais j’y arrive en poussant de toutes mes forces.

J’y vais lentement. Afin de la libérer, je suis obligée de coincer la chaîne sous mes pieds. Je ne dois pas faire de bruit, ça alerterait mes ravisseurs, car c’est bien cela qu’ils sont à présent des ravisseurs qui me retiennent contre mon gré. Je m’arrête, j’ai entendu des pas, quelqu’un vient. Je vais vite m’asseoir sur le lit.

C’est Joe, il a ouvert la porte et hésite un peu, il m’apporte un sandwich qu’il pose sur le coin du bureau, et me lance un «Bon appétit ».

J’enrage, je le déteste lui et le docteur.

Je grignote le pain, je n’ai plus tellement faim à présent, il faut pourtant que je mange pour conserver mes forces, j’en entame une moitié et garde le reste pour plus tard.

Je me remets au travail, je m’arcboute contre le caisson et centimètre par centimètre j’arrive à le déplacer.
C’est très dur, les maillons coincés dessous l’empêche de glisser, si seulement j’arrivais à le soulever ce serait plus rapide.

Après de longues minutes d’acharnement, La chaîne est enfin à mes pieds, je m’en saisis, elle est longue et pesante, ses maillons mesurent bien deux centimètres sur trois.

Je n’en utiliserai qu’une partie, je la positionne donc le plus près possible de la porte afin qu’elle ne gêne pas son ouverture.

Je m’assieds à terre le dos au mur et j’attends, j’ai une arme à présent, le premier qui entrera dans la pièce en fera les frais.

Je m’assoupis, patienter pendant des heures est épuisant, je ressens une lancinante douleur dans le bas du dos due sans aucun doute à la station assise prolongée sur le sol dur.

J’empoigne la chaîne à un mètre de son extrémité et je me redresse.

Je jette un regard à mon bracelet montre, il indique dix-neuf heures, la lumière diurne commence à baisser.

Mon attente prends fin, je perçois des voix qui se rapprochent, d’inaudibles elles deviennent de plus en plus claires.
Ils sont là derrière la porte.
Pas de chance, je n’avais pas prévu qu’ils viendraient tous les deux, si je rate mon coup je me retrouverai enfermée dans cette boite, je ne le supporterai pas.

Un cliquetis caractéristique dans la serrure et elle s’ouvre, c’est Joe, le Docteur est derrière lui. Joe appuye sur l’interrupteur inondant la pièce sombre d’un flot de lumière.

J’ai déjà pris les devants, depuis quelque secondes, la chaîne tourne au-dessus de ma tête dans un mouvement de moulinet, Joe est touché en plein visage et s’écroule comme une marionnette dont on a brisé les fils.

Mais je n’ai pas le temps de m’attaquer au docteur, une déflagration explose dans mes tympans et l’impact d’un choc terrible au creux de ma poitrine me fait vaciller, je m’effondre.

Je serre toujours la chaîne entre mes doigts crispés, seul lien qui me retienne encore à la vie.

Dans un brouillard, je vois le docteur se pencher vers moi.

Dans un souffle, le fixant dans les yeux, je murmure.

— Pourquoi ?...

Et ses derniers mots que j’emporte avec moi :

—Vous n’étiez qu’une expérience, un clone, je suis désolé ….

Je n’entends pas la suite et je retourne au néant qui m’a engendré.


                         

 

FIN.
 
Auteur : Amy Madison (extrait du recueil : Les cauchemars d'Alice)

Publié dans Nouvelle

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