Les âmes sombres

Publié le par Amy Madison

( EXTRAIT)

Chapitre 1
J'entends des cris dans l'appartement du dessus. Bientôt minuit. Un choc énorme, un silence, une porte qui claque.
Je n’arriverai donc jamais à dormir tranquillement dans cet appart, maintenant un bruit de verre brisé. Il ne manque plus que la musique pour couronner le tout.
Voilà qu’on frappe à ma porte, je soupire, j’enfile mon peignoir en maugréant et glissent les pieds dans mes savates.
— Voilà, voilà… J’arrive.
Je ne me déplace qu’à grand-peine, à mon âge c’est déjà bien que j’arrive encore à vivre seul.
J’ouvre la porte, c’est la petite de l’appartement du dessus, le visage larmoyant, son rimmel à couler, elle me fait pitié et je la prie d’entrer.
— Calmez- vous. Je vais vous préparer un café, et vous pourrez me raconter…
— Il faut que vous m’aidiez, Maman est à terre, il l’a poussée et il s’est tiré.
— Je vais vous accompagner là-haut, laissez-moi une minute.
À tout hasard, je prends mon téléphone portable, celui que mon fils m’a offert pour mes soixante-neuf ans.
— C’est pratique, avec ce téléphone sans fil tu peux m’appeler de n’importe où, m’avait-il dit.
Il m’a fallu quelques semaines pour m’y habituer, mais c'est vrai que ce téléphone est parfois bien utile. Je le glisse dans la poche de mon peignoir et je suis la jeune fille.
— Venez, venez vite ! Me répète-t-elle.
Il faut tout de même bien que je monte ces sacrées marches, elle est jeune et ne se rend pas compte que mes articulations me font un mal de chien.
J’arrive donc essoufflé à l’étage, la pièce est dans un état épouvantable, tout est retourné et une femme gît sur le sol, elle gémit et ses cheveux sont couverts de sang, elle semble très mal en point
— Madame, ne bougez pas. Je vais appeler les secours.
Je pianote sur le clavier et une dame décroche.
— Allo, vous êtes en ligne avec le service d’urgence … allo !...Allo !...
Je n’avais pas eu le temps d’ouvrir la bouche pour répondre que tout devint noir et, le téléphone encore serré dans la main, je sombrai dans l’inconscience.

J'émerge peu à peu, la fille me secoue pour me réanimer.

— Je vous en prie, réveillez-vous, aidez-moi !

J'ai une douleur lancinante à la tête, je vois tout d'abord la fille en pleurs, elle s'acharne à me remettre sur pieds.

—Que se passe-t-il ici, et qui m'a frappé?
Je n'ai plus besoin qu'elle me réponde, je m'aperçois avec horreur qu'elle a les mains couvertes de sang, un sang qui n'est pas le mien.
À ses côtés gît son beau-père, un couteau planté dans le cœur. La petite est dans un état épouvantable. Bon Dieu, que s'est-il passé et pourquoi diable a-t-elle fait cela?

Je m’apprête à recomposer le numéro de la police, mais elle me supplie :

— N'appelez pas les flics, ça ne sert à rien, ils ne pourront rien y faire, ils me prendront pour une folle, ma mère ne respire plus, elle est morte, il l'a tuée. Il voulait fuir dans la nuit. Elle a essayé de le retenir et il lui a fracassé le crâne en la repoussant. Il n’arrivait plus à se maîtriser.
— C'est lui qui m'a assommé.

— Je ne pensais pas qu'il reviendrait, je suis désolée.

— Ne le soyez pas et vous deviez vous défendre.

— Tenez, lisez cette lettre, ce qu'il écrivait n'avait aucun sens.

Je me saisis du papier froissé qu'elle me tendait.


Chérie,
Je la sens peu à peu s’insinuer en moi. La nuit je fais des cauchemars, je ne suis plus moi-même, mais une autre personne qui m’est étrangère, qui me pousse à agir contre ma volonté, elle submerge ma conscience. C’est une âme sombre qui vient de l’au-delà, j’ai essayé de te prévenir, mais tu n’as pas voulu m’écouter, je divaguai me disais-tu. Je souhaitais en finir, mais elle a pris le contrôle de ma volonté et ne m’a pas permis de me supprimer, mes pensées devenaient haineuses, elle voulait te faire du mal à toi et à ta fille. Je ne suis pas le seul, le phénomène s’étend, je le sais. Les âmes sombres ont pour dessein de prendre possession des vivants. Elles veulent nous forcer à détruire tous ceux que nous aimons, je ne peux plus lutter, pardonne-moi...

— Mais c'est du délire, votre beau-père devenait complètement fou.

— Non, il avait raison, ne sortez surtout pas de l'immeuble. Depuis des heures, j'entends des cris, des choses horribles se produisent à l'extérieur. Il voulait nous prévenir et nous n'avons pas voulu l’écouter....

    (Auteure : Amy Madison , tous droits réservés)

(à suivre) : https://www.facebook.com/Amy-Madison-1566939350224685/

Publié dans Extrait de nouvelle

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