L'éveil de la jungle

Publié le par Amy Madison

EXTRAIT :

Chapitre 1 : L’enlèvement


La jungle s'éveille, elle est ma maison, mon seul univers, comme chaque matin je m’élance et je cours plus rapide que le vent. Je m'accroche et me balance aux branches basses et en équilibre au sommet des cimes, j’inspecte mon domaine.
Je connais chaque piste, chaque sentier, tous les arbres me sont familiers, ils se transforment saisons après saisons mais sont toujours présents, fidèles et rassurants.

Après maintes culbutes et épuisé par ma course effrénée dans ce luxuriant paradis, je me désaltère au point d’eau en compagnie de mes amis. Quoique certains le soient moins que d’autres, les mangeurs de chair fraîche viennent là aussi pour boire mais se désintéressent totalement de moi et ne font aucun mal aux autres animaux assoiffés.
Le soleil gravit à peine le ciel à l’assaut de quelques légers nuages ouatinés, quand une machine pétaradante fait fuir les oiseaux.
Avec de nombreux battements d’ailes, ils s’éparpillent dans un concert de piaillements aigus. Troublée par l’intrusion de ces étrangers, La forêt est en effervescence, Un écureuil géant se cache en tremblant. Peureux, quelques antilopes s’échappent sans demander leur reste. Même les dangereux  félins abandonnent l’eau fraiche et s’enfuient prudemment.
J’allais faire de même mais intrigué par ces inconnus, je reste à l’abri, invisible, perché sur la branche d’un arbre.
Ils descendent de leur engin et progressent à présent en file indienne.
Ces bipèdes sont différents de tous les animaux que j’ai côtoyé jusqu’à présent, ils marchent sur leurs deux jambes tout comme moi, mais leurs torse sont recouverts de peaux, de la couleur des végétaux, ce qui les camouflent presque entièrement.
Sur leur tête, ils portent des couvre-chefs bizarres qui protègent leurs visages des rayons du soleil. Qui sont-ils? Ils piétinent bruyamment les branches mortes étendues au sol qui craquent sous leurs pas, des sons bizarres s’échappent de leurs gorges. L’un d’eux se met à hurler comme une hyène, un ricanement désagréable, ceux qui l’accompagnent ne répondent pas à son rire dément.
Je suis pourtant bien caché par les branchages épais mais en levant la tête un de ces bipèdes m’aperçoit et pointe un doigt dans ma direction.
C’est alors la course folle, d’un bond je dégringole de l’arbre et me met à courir en zigzaguant. Ils me poursuivent, je suis rapide et j’aurais tôt fait de les semer.
Soudain une énorme bête qui semble sortir de nulle part se dresse devant moi, je tente de lui échapper mais elle s’agrippe à ma jambe qu’elle resserre entre ses mâchoires comme dans un étau. Je n’arrive pas à me dégager, J’essaye de rester immobile, de faire le mort, mais l’animal ne lâche pas prise. Il est bientôt rejoint par mes poursuivants. Je suis terrorisé. Vont ils m’abattre, me manger ? L’un d’eux pousse un cri bref et Le monstre me lâche, je tente encore de m’enfuir en vain, ils se jettent sur moi, et malgré ma résistance, mes coups de pieds, mes coups de poings et mes hurlements bien inutiles, ils m’entravent et me jettent à l’arrière de cette machine de métal qui m’emporte loin de ma jungle vers, comme je l’apprendrai plus tard, « la civilisation ».

(à suivre...)

                           (Auteure : Amy Madison)
 

Publié dans Extrait de nouvelle

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